.Chaque mois, une sĂ©lection totalement arbitraire dâarticles ou sujets en lien plus ou moins fort avec lâimmobilier, lâarchitecture, et le numĂ©rique (parce que jâadore les jeux vidĂ©oâŠ)
© Conception Alvarez
Lâadage âen Avril ne te dĂ©couvre par dâun filâ est assez erronĂ© en Espagne qui, en cette fin de mois dâavril, a dĂ©jĂ connu la canicule avec des tempĂ©ratures dĂ©passant les 40 degrĂ©s.
En France, ce nâest pas forcĂ©ment mieux car, si les mĂ©tropoles du sud sont dĂ©jĂ aux prises avec ces sujets comme Ă Marseille, Paris nâest pas en reste. Le rapport rĂ©cemment publiĂ© par la mission dâinformation et dâĂ©valuation âParis Ă 50 °Câ pose des faits trĂšs concrets : 34 jours de canicules par an en moyenne en 2030, 35 nuits âtropicalesâ VS 5 en 2008. Pire : Paris serait la ville la plus mortelle en cas de canicule en Europe.
Des responsables parisiens de diffĂ©rents partis politiques ont ainsi rĂ©digĂ© un rapport Ă©numĂ©rant 85 mesures d'adaptation aux vagues de chaleur de plus en plus frĂ©quentes et intenses dans la ville (rapport au passage non consultable pour le moment đ€). Le rapport, Ă©laborĂ© sur une pĂ©riode de six mois, comprend des propositions telles que l'augmentation du nombre d'espaces verts, la plantation d'arbres et la crĂ©ation de zones ombragĂ©es (on parle mĂȘme de âplacette oasisâ obligatoire par quartier). LâidĂ©e dâun plan âGrand Chaudâ y figure Ă©galement ⊠mĂȘme si on peut se dire quâil ne sâagit pour le coup que de palliatif.
Enfin, les auteurs suggĂšrent de procĂ©der Ă une rĂ©novation importante des immeubles et des appartements, notamment sur les toits (on avait dĂ©jĂ parlĂ© de âlâalbedoâ sur Off MARKET).
Ce qu'on en retient : Paris va devoir s'adapter. Ce nâest pas une option. La difficultĂ© Ă©tant le patrimoine bĂąti riche dĂ©jĂ prĂ©sent, les solutions doivent passer par une vraie ârĂ©volutionâ de lâurbanisme.
Il faudra des compromis. Les lieux frais comme ârefugesâ comme des musĂ©es ou cinĂ©ma font penser Ă certaines villes du sud oĂč les ruelles trĂšs ombragĂ©es crĂ©ent de fait de la fraĂźcheur. Dans âLa Machine Ă explorer le tempsâ (merci Kessel !), mĂȘme constat que de voir une partie de lâhumanitĂ© Ă lâabri dâune atmosphĂšre qui sâest rĂ©chauffĂ©e. Est tâon donc prĂȘt Ă lĂącher nos âexpositions plein sudâ ?
Enfin, que fait tâon des espaces verts existants ? On continue Ă planter du platane Ă tour de bras pour leur couper les bras ensuite ? On se contente de jachĂšre de palettes ou on encourage les particuliers Ă prendre soin du vivant Ă travers, peut ĂȘtre, des subventions peut ĂȘtre aussi utiles que celles sur les isolations ou double vitrage dâil y a un temps ?
One more thing : Ă relire, lâinterview dâAlexandre florentin qui a prĂ©sidĂ© ce rapport au moment du lancement ainsi que lâexcellente et flippante fiction de lâĂ©poque racontant Ă quoi cela ressemblerait une telle canicule durable.
© Know Your Meme
CâĂ©tait annoncĂ© : le MIPIM 2023 (plus grand salon de lâimmobilier europĂ©en) fut en mars un cru plus que moyen. Investissements en bureaux en berne, peu de projets annoncĂ©s, acteurs qui tirent la tronche : câĂ©tait pas la fĂȘte Ă la bamboche ! Lâargent Ă emprunter coĂ»te cher (mĂȘme si on peut se demander si en rĂ©alitĂ©, emprunter Ă 1% Ă©tait vraiment sain đ), il a peu de produits (immeubles) Ă acheter, et les vendeurs ne sont pas encore prĂȘts Ă une baisse des prix en France. Cependant, certains deals importants continuent d'ĂȘtre rĂ©alisĂ©s, notamment en premiĂšre couronne (instant auto promo !) et dans le marchĂ© de la logistique, de l'hĂŽtellerie et du commerce.
Mais plus que le tertiaire, ce qui inquiĂšte ces derniers mois Ă peu prĂšs tout le monde, et ce depuis fin dâannĂ©e derniĂšre, câest le logement. Le gouvernement monte Ă©videmment au crĂ©neau et 19 propositions du CNR devraient aider Ă sortir de lâimpasse. On attend de voir. Parce que pour le moment, entre le PTZ (dont le recours ne concerne, par dĂ©finition, quâune partie de la population) et la rehausse des taux dâusure qui restent limitĂ©e en France (2 fois moins Ă©levĂ© quâen Suisse par exemple), ça reste timide.
Ce quâon en retient : ce sont des chiffres qui peuvent inquiĂ©ter (hausse de 10% des dĂ©lais de vente, transaction en recul de 15% entre mars 2023 et 2022, des permis de construire en chute de 26%) au delĂ de la profession. Parce que globalement, personne nâa la solution. Et si, comme dâaucuns le proposent (au dĂ©tour dâune fin de podcast en roue libre), on ne sâattablait pas Ă densifier ou dynamiser des villes voire des villages plus excentrĂ©s plutĂŽt que de rentrer au forceps des logements dans des zones tendues ?
PS : au moment de clÎturer ces lignes, les conclusions sont finalement reportées
©The Shift Project
Il y a un mois, mon amie Sabine Brunel-Nevers me demandait mon humble avis sur la nouvelle publication de lâObservatoire de lâImmobilier Durable : Le Fonctionnement Ă©nergĂ©tique dâun bĂątiment. Le rapport prĂ©sente les diffĂ©rentes sources d'Ă©nergie utilisĂ©es pour rĂ©pondre aux besoins de ses occupants (ainsi que le poids carbone respectif des solutions). Il prĂ©sente aussi le fonctionnement un peu complexe des immeubles de bureaux qui tournent souvent avec des systĂšmes centralisĂ©s comprenant des Ă©quipements de production, des terminaux et des Ă©lĂ©ments de distribution et rĂ©gulation. Dans un contexte oĂč vous devez maintenant obligatoirement fournir un Diagnostic de Performance EnergĂ©tique quand vous vendez votre bien, ces rappels sont utiles pour comprendre lĂ oĂč cela peut pĂȘcher.
On peut mettre ce rapport en lien avec 2 autres publications : le podcast GĂ©nĂ©ration Do It Yourself avec Jean Marc JANCOVICI qui vous mettra une bonne claque (si vous ne lâaviez pas dĂ©jĂ prise âŠ) et vulgarise bon nombre de sujets Ă©nergĂ©tiques. Mais Ă©galement les travaux du Shift Project dont il est le prĂ©sident et qui a, comme lâOID, pas mal Ă©tudiĂ© le poids du logement dans les gaz Ă effet de serre. Ce qui est assez prĂ©occupant, câest que ces travaux datent dĂ©jà ⊠mais quâon est loin du compte.
Ce quâon en retient : dâabord quâen dehors de lâĂ©lectricitĂ©, en France, il nây a pas vraiment dâalternative pour une Ă©nergie dĂ©carbonĂ©e. Avec un parc essentiellement nuclĂ©aire, lâOID le rappelle, lâĂ©lectricitĂ© reste la plus âpropreâ (quoique la donnĂ©e sur la biomasse mâinterpelle ⊠puisquâon relĂąche dans lâatmosphĂšre du carbone piĂ©gĂ© đ€š). Mais se posent 2 questions : quid de la stratĂ©gie Ă©nergĂ©tique française face au quasi fiasco constatĂ© actuellement (spoiler : la premiĂšre proposition va pas nous emmener bien loin) ?
Mais surtout, qui paie la rĂ©novation du parc ? Parce que concrĂštement, en copros, comme en habitat individuel, changer la chaudiĂšre gaz (encore subventionnĂ©e il y a 3 ans en Ă©tant Ă condensation !) ou fioul (si, la grosse bestiole dans le sous-sol de votre immeuble âŠ), eh bien, tout le monde ne peut pas matĂ©riellement pas le faire. vous avez dit baisse des prix Ă la revente ? Ă voir. Mais seule la contrainte marchera âŠ
©Novethic
Ătre ou ne pas ĂȘtre ? Avoir ou pas une raison dâĂȘtre ? Ce nâest peut ĂȘtre pas aussi mĂ©taphysique mais la loi PACTE a introduit en 2019 la possibilitĂ© pour les sociĂ©tĂ©s dâinscrire juridiquement Ă leur statut sa raison dâĂȘtre. Une sociĂ©tĂ© Ă mission est une entreprise qui poursuit une mission sociale, sociĂ©tale ou environnementale clairement dĂ©finie et surtout, qui s'engage Ă en rendre compte rĂ©guliĂšrement. Elle est dotĂ©e d'un statut juridique spĂ©cifique qui lui permet de donner la prioritĂ© Ă sa mission plutĂŽt qu'aux intĂ©rĂȘts de ses actionnaires. Assez louable Ă vrai dire, mais pas si simple Ă dĂ©finir quand on y pense !
Lâobservatoire des sociĂ©tĂ©s Ă mission note en ce premier trimestre 2023 le cap des 1000 entreprises Ă mission en France sur les 150 000 de plus de 10 personnes. Ce qui nâest pas anodin mais reste faible. En immobilier, nous en voyons de plus en plus (24 a priori) et certaines dont la communication sâen ressent trĂšs clairement đ Pour certains, il nây aurait pas dâalternative : le secteur doit devenir impĂ©rativement un secteur Ă mission (saluons au passage la newsletter amie sur Kessel des Ondes de lâimmobilier !).
Si on y regarde de prĂšs, on est en cependant droit de sâinterroger sur la finalitĂ© âmissionnaireâ, en tout cas dans notre secteur, qui parfois semble sâeffacer devant un nouvel effet de comâ. Il est en effet intĂ©ressant de consulter quelques rapports des comitĂ©s de mission dĂ©jĂ mis en place. Si certains objectifs peuvent surprendre (monitorer le nombre dâabonnĂ©s Ă ses rĂ©seaux sociaux comme indicateur de la formation du grand publicâŠ), dâautres sembler assez Ă©vidents (quel promoteur ne fait pas du bas carbone une prioritĂ© ?), certains sont effectivement trĂšs impactants (% du CA investi en action sociale, bilan des gaz Ă effet de serre rĂ©ellement Ă©misâŠ).
Ce quâon en retient : une entreprise Ă mission a pour vocation dâavoir un impact rĂ©el et tangible sur la sociĂ©tĂ© et lâenvironnement. DĂšs lors, a tâelle besoin de ce âstatutâ pour le faire ? Le âpurpose washingâ, remplaçant du âgreen washingâ qui consisterait Ă se prĂ©valoir dâune raison dâĂȘtre plus pour des raisons de comâ ou bien pour se justifier de faire du profit est dĂšs lors un assez gros risque de la dĂ©marche.
One more thing : ĂȘtre Ă mission nâest pas le seul moyen de montrer son engagement en France.
AD a récemment publié un numéro international mettant en avant des projets architecturaux durables et innovants (et oui, encore un !). Face à la crise climatique, ces projets proposent des solutions pour réduire les émissions de carbone, la consommation d'énergie et les matériaux de construction gaspillés.
Le magazine met en avant des bĂątiments tels que le Reggio School Ă Madrid, qui a rĂ©duit son utilisation de matĂ©riaux de construction de 48%. LâidĂ©e est finalement assez simple et ça marche !
©José Hevia/Architectural Digest
Le papier présente aussi la nouvelle usine de la marque norvégienne de meubles Vestre, conçue par l'architecte renommé Bjarke Ingels, qui a obtenu la plus haute note de performance environnementale jamais accordée à un bùtiment industriel. Le magazine souligne également l'importance de projets de régénération urbaine tels que la rénovation d'une piscine publique Art Déco à Lagos, au Nigeria.
Dernier projet prĂ©sentĂ©, celui de Vinu Daniel, fondateur du cabinet d'architecture pionnier Wallmakers, qui a conçu la structure en tourbillon de la maison Chuzhi dans l'Ătat du Tamil Nadu en Inde Ă partir de 4000 bouteilles jetĂ©es mixĂ©es avec la boue du terrain du projet.
©Wallmakers
Ce quâon en retient : âLess is moreâ, encore et toujours. Comme le souligne le directeur Ă©ditorial d'AD, chaque dĂ©cision que nous prenons en matiĂšre de construction a un impact, et il est important de chercher Ă faire mieux en matiĂšre de durabilitĂ©. En rejoignant le thĂšme des sociĂ©tĂ©s Ă mission, le secteur de lâimmobilier a un vrai rĂŽle Ă jouer environnemental et sociĂ©tal.
Si cela vous a intĂ©ressĂ© : đđ» sur LinkedIn et au plaisir dâen parler avec vous !
Si cela ne vous a pas intĂ©ressĂ© plus que cela, moi ça mâintĂ©resse : quel contenu aimeriez vous voir plus sur LinkedIn ? Comment pourrait on rendre ce rĂ©seau plus interactif ?