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1. Bureaux dâun autre temps : se rĂ©inventer ou mourir
Sujet redondant depuis le COVID : la vacance des bureaux. Devenue problématique majeure dans de nombreuses métropoles mondiales, elle a été exacerbée par l'essor du télétravail et les mutations économiques post-pandémiques. à Londres, le quartier d'affaires de Canary Wharf, autrefois symbole de la finance britannique, fait face à un taux de vacance de 16%. En cause : le départ programmé de grandes institutions financiÚres telles que HSBC et Clifford Chance, ainsi que de l'adoption massive du télétravail.
Aux Ătats-Unis, idem, comme le centre-ville de Chicago qui est Ă©galement confrontĂ© Ă une crise immobiliĂšre sans prĂ©cĂ©dent. Le taux de vacance des immeubles de bureaux a atteint 16,2 % en 2024, dĂ©passant la moyenne nationale de 13,8 %. Pour remĂ©dier Ă cette vacance, lĂ encore, la municipalitĂ© envisage de transformer les bureaux inoccupĂ©s en logements abordables.
En France, nous en avions parlĂ© Ă lâoccasion du SIMI, plus de 5 millions de mĂštres carrĂ©s de bureaux sont vacants en Ăle-de-France, reprĂ©sentant une hausse de 13 % par rapport Ă l'annĂ©e prĂ©cĂ©dente. Et si lâon regarde certains secteurs comme la pĂ©ri DĂ©fense ou bien la premiĂšre couronne nord, ce sont 20% Ă 23% de vacance qui Ă©taient annoncĂ©s fin 2024.
Face Ă ce constat, des rĂ©flexions sont Ă©videmment menĂ©es pour requalifier ces espaces vacants. La transformation de bureaux en logements apparaĂźt souvent comme une solution magique pour rĂ©pondre Ă la crise du logement tout en revitalisant les quartiers concernĂ©s. Oui, MAIS (avec des majuscules) âŠ.
⊠ces initiatives de reconversion se heurtent Ă des dĂ©fis majeurs. La complexitĂ© technique et les coĂ»ts associĂ©s Ă la transformation de bureaux en logements peuvent freiner les promoteurs immobiliers (oui, on rabĂąche). Lorsque lâon parle de ces coĂ»ts, ce qui est souvent problĂ©matique, câest la dĂ©valorisation des prix de sorties qui en dĂ©coule qui dĂ©gradent les bilans. Un exemple parmi dâautres : un logement sans balcon dans un immeuble situĂ© en quartier prime, cela devient rapidement un souci.
La DĂ©fense, avec ses 4 millions de mÂČ de bureaux et ses 40 000 habitants devient dĂšs lors un laboratoire Ă ciel ouvert oĂč lâon sâautorise Ă penser que rĂ©nover une tour plutĂŽt que la dĂ©molir / reconstruire nâest pas un gros mot.
Ce quâon en retient : la conversion (avec un sens trĂšs large du terme) des grands quartiers tertiaires est une nĂ©cessitĂ©. Immeubles pas aux normes, fournaises Ă horizon 2030 ou mĂȘme dĂ©samour pour une architecture qui nâest plus en adĂ©quation avec les codes du travail, autant de dĂ©fis Ă relever ⊠pour tous les acteurs.
2. Sous les arbres, la ville
ActualitĂ© Ă double dĂ©tente avec une trĂšs belle infographie trouvĂ©e le mois dernier (merci Hicham En Nakhla). La couverture arborĂ©e urbaine est devenue un indicateur clĂ© de la santĂ© environnementale des villes europĂ©ennes. Elle joue un rĂŽle crucial dans la rĂ©duction des Ăźlots de chaleur, l'amĂ©lioration de la qualitĂ© de l'air et le bien-ĂȘtre des habitants. Selon les donnĂ©es de l'Agence europĂ©enne pour l'environnement (AEE), la proportion de couverture arborĂ©e varie considĂ©rablement entre les capitales europĂ©ennes.
Parmi les capitales les mieux dotĂ©es, Sarajevo se distingue avec une couverture arborĂ©e atteignant 76,3 %, soit 2 021 kmÂČ sur les 2 637 kmÂČ de la ville. Ă l'opposĂ©, Reykjavik prĂ©sente une couverture de seulement 1,6 %, en partie due Ă son climat subpolaire et Ă son vaste territoire urbain de 12 977 kmÂČ.
A noter : la méthode de délimitation des frontiÚres urbaines influence significativement ces pourcentages. Si Londres affiche une couverture arborée de 19,8 % lorsqu'on considÚre son aire urbaine fonctionnelle, englobant le centre-ville et les zones bùties environnantes, ce chiffre chute à 1,4 % si l'on se limite strictement au centre-ville.
Face aux dĂ©fis climatiques, plusieurs mĂ©tropoles europĂ©ennes ont initiĂ© des programmes ambitieux pour augmenter leur couverture arborĂ©e. Paris, sous l'impulsion de la maire Anne Hidalgo, prĂ©voit de planter 170000 arbres d'ici 2026 et de couvrir la moitiĂ© de la ville avec des espaces vĂ©gĂ©talisĂ©s d'ici 2030. AprĂšs la place de Catalogne, câest le parvis de lâhĂŽtel de ville qui Ă©tait plantĂ© ce dĂ©but janvier. Sauf que ⊠on ne le redira jamais assez : planter, oui. Planter convenablement, câest mieux. Et transplanter des arbres de hautes tiges dont je me demande comment se dĂ©veloppera le houpier vu leur proximitĂ©, cela interroge âŠ
Cependant, financer ces projets demeure un dĂ©fi majeur pour de nombreuses villes. Selon le Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE), les investissements dans des solutions fondĂ©es sur la nature sont souvent sous-utilisĂ©s et insuffisamment financĂ©s. Voire, les subventions pour accompagner les villes "vertueusesâ peinent Ă ĂȘtre distribuĂ©es.
Ce quâon en retient : des efforts notables soient dĂ©ployĂ©s pour augmenter la couverture arborĂ©e urbaine en Europe, et ⊠câest bien ! Mais Ă coup de punchlines et autres effets dâannonces, on peut sâinterroger sur la durĂ©e de vie de ces plantations dont dĂ©pendra, rĂ©ellement, lâutilitĂ©.
NB : petite mention sur ces aides qui peinent Ă arriver au bon endroit. Une nouvelle collĂšgue de la DIE, Elise Marion, a pilotĂ© la crĂ©ation, en France, de la plateforme Aides Territoires. LâidĂ©e est de faciliter lâaccĂšs, aux collectivitĂ©s qui en ont besoin, Ă des financements, aides, subventions. Simple, efficace !
crédit : Toyota
3. Au pied du mont Fuji était une ville
Juste avant dâĂȘtre enfermĂ© pour quelques mois en 2020, jâavais eu la chance dâaller au CES 2020. Lâun des projets qui mâavait le plus marquĂ© Ă©tait Woven City, un ambitieux projet de ville expĂ©rimentale par Toyota situĂ© au pied du mont Fuji, au Japon. Cette citĂ© futuriste, est conçue comme un laboratoire vivant pour tester les technologies urbaines de demain. Au CES 2025, la phase 1, quasi achevĂ©e, a Ă©tĂ© prĂ©sentĂ©e. Et ils nây sont pas allĂ©s de main morte.
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