Vous ĂȘtes pas mal de nouveaux arrivĂ©s ici grĂące au push de Kessel dans sa newsletter de newsletters ! Soyez les bienvenus ! Rien de professionnel ici. Seulement un regard trĂšs personnel sur lâacte de bĂątir au sens ultra large du terme. Bonne lecture ! Et merci pour les fidĂšles đ
182 logements étudiants, Canal architecture, Paris XIXe - © Pierre l'Excellent
1. Transformer pour mieux durer
Impossible de démarrer cette newsletter sans évoquer une info pas vraiment 'off-market' mais qui a eu 2 effets kisscool.
Premier effet : ValĂ©rie LĂ©tard, ministre chargĂ©e du Logement, a lancĂ© un plan pour reconvertir les bureaux vacants en logements, sujet dĂ©jĂ abordĂ© ici et ici ou encore lĂ . Nul besoin de vous rappeler les chiffres si ce nâest lâobjectif en ligne de mire : crĂ©er 25 000 logements Ă court terme, et jusquâĂ 70 000 Ă long terme. Pour y arriver, plusieurs commissions mises en place : mesures fiscales et administratives incitatives pour faciliter la reconversion Ă Ă©tudier, Appel Ă Manifestation dâIntĂ©rĂȘt en Ile de France pour faire une expĂ©rimentation et voir oĂč ça bloque, des accompagnements spĂ©cifiques et techniques voire financier. Bref, on sort la trousse Ă outils ! A saluer car des projets et du concret viendront les pistes concrĂštes pour dĂ©bloquer tout ça.
Hasard des calendriers, deuxiĂšme effet kisscool, lâouvrage La transformation de bureaux en logements, beaucoup de bruit pour rien ?, a Ă©tĂ© publiĂ© lors du MIPIM 2025. Il nuance ces ambitions en mettant en lumiĂšre les dĂ©fis techniques et Ă©conomiques sous-estimĂ©s. Lâadaptation des bureaux aux normes rĂ©sidentielles, la complexitĂ© des travaux nĂ©cessaires et les coĂ»ts dâentretien des bĂątiments sont des points essentiels souvent nĂ©gligĂ©s. De plus, les contraintes rĂ©glementaires, notamment en matiĂšre de sĂ©curitĂ© et dâaccessibilitĂ©, reprĂ©sentent des freins importants Ă cette transformation. Jâai hĂąte de lire cet ouvrage qui mâest arrivĂ© au moment de boucler ces lignes ! (immense merci Charlotte !)
Ce quâon en retient : Bien que la reconversion des bureaux vacants semble ĂȘtre une solution efficace contre la crise du logement, elle comporte des dĂ©fis techniques et financiers considĂ©rables. Beaucoup dâacteurs peuvent apporter de trĂšs bonnes idĂ©es et lâon ne peut que saluer cette initiative mĂ©lant les acteur privĂ©s !
NB : Si lâAGILE, dont votre serviteur fait partie, peut aider, ce sera avec plaisir car... figurez-vous que lâĂtat a quelques pĂ©pites qui pourraient trĂšs bien illustrer tout ça. A commencer par les difficultĂ©s Ă lever, ou bien encore, les critĂšres qui font quâun projet est un bon candidat Ă ĂȘtre dĂ©monstrateur Ă cette transformation !
2. Un lieu, des usages
Imaginez une ville oĂč chaque espace est utilisĂ© Ă son plein potentiel, oĂč les bureaux se transforment en salles de classe le soir, et oĂč les Ă©coles deviennent des centres communautaires le week-end. Bienvenue dans le monde de la chronotopie, un concept dĂ©jĂ vu et revu mais qui combine temps (chronos) et espace (topos) pour optimiser l'utilisation des infrastructures urbaines.
La densification de la ville, quant Ă elle, vise Ă maximiser l'utilisation de l'espace urbain existant pour rĂ©pondre Ă la demande croissante de logements et d'infrastructures, tout en limitant l'Ă©talement urbain. Et cela pousse fort pour plus construire ⊠à lâimage dâassociations qui, en fin dâannĂ©e derniĂšre, ont mis en cause la ville de Bordeaux sur son ralentissement des projets.
En intĂ©grant la chronotopie, la densification devient plus qu'une simple augmentation de la densitĂ© : elle devient une opportunitĂ© de crĂ©er des espaces multifonctionnels et adaptables. Prenons l'exemple des bureaux transformĂ©s en chambres le soir. Cette approche permet non seulement de rĂ©pondre Ă la pĂ©nurie de logements, mais aussi de rĂ©duire l'empreinte carbone en Ă©vitant la construction de nouveaux bĂątiments. De mĂȘme, les Ă©coles ouvertes le week-end peuvent offrir des espaces pour des activitĂ©s communautaires, renforçant ainsi le tissu social local. Ă Rennes, par exemple, une Ă©cole a Ă©tĂ© mesurĂ©e comme Ă©tant vide plus de 60 heures par semaine (contre moins de 50 heures occupĂ©es).
Certes, la mise en Ćuvre de ces concepts n'est pas sans dĂ©fi. Elle nĂ©cessite une planification minutieuse et la collaboration de divers acteurs, y compris les urbanistes, les architectes, et les dĂ©cideurs politiques. Mais avec une vision claire des besoins et de lâoffre de surface, on imagine aisĂ©ment le champ des possibles. En reprenant lâexemple de lâĂ©cole, ce sont 200 mÂČ Ă©conomisĂ©s sur leur pilote et donc 800 000 ⏠dâinvestissements Ă rĂ©ventiler !
Ce quâon en retient : le sujet est passionnant, dĂ©jĂ bien abordĂ© et pris en mains par des Ă©lus comme ElĂ©onore Slama Ă Paris qui a notamment portĂ© le projet de mesurer lâintensitĂ© dâusage. Mais nâest-il pas encore trop âsous-cotĂ©â ? Jâai encore en tĂȘte des projets ou parle de mixitĂ© verticale Ă©tait dĂ©jĂ , en soit, un gros mot. HĂąte de lire le futur guide pour reconstruire la ville sur elle-mĂȘme par le Boson Project.
Une belle image bien caricaturale générée par IA !
3. Dessine moi un promoteur
Le rĂŽle du promoteur immobilier est en pleine (et brutale ?) transformation. Pour preuve, le Livre Blanc de la SociĂ©tĂ© GĂ©nĂ©rale, en partenariat avec NovamĂ©trie et l'IEIF, publiĂ© ce mois-ci. Dans un contexte de crise immobiliĂšre, le pitch est assez limpide : les promoteurs doivent repenser leur modĂšle Ă©conomique et leur raison d'ĂȘtre. Basiquement, il coordonne toutes les Ă©tapes, de la conception Ă la commercialisation, en passant par la construction, tout en intĂ©grant les exigences environnementales et sociales actuelles pour crĂ©er des espaces de vie durables et adaptĂ©s aux besoins des habitants. En pratique, la fameuse âprise de risqueâ a coutĂ© trĂšs cher Ă certains au court des derniers mois.
Le livre blanc tend Ă dĂ©montrer 3 pistes de salut (que lâon retrouve habituellement et qui ont rĂ©guliĂšrement interrogĂ© mon rĂŽle pendant 9 ans Ă la promotion) :
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