.Chaque mois, une sélection totalement arbitraire d’articles ou sujets en lien plus ou moins fort avec l’immobilier, l’architecture, et le numérique (parce que j’adore les jeux vidéo…)
Crédit : François Chartier
Ce n'est pas une véritable excuse pour avoir été absent pendant 2 mois, mais j'ai pris 2 fois 4 jours pour partir en formation. Pour utiliser le fameux "Compte Personnel de Formation" ! J'ai choisi d'utiliser ça pour un truc de gosse : une formation d'élagage et donc... pour commencer... une formation pour apprendre à se promener dans les arbres à 25 m de haut. Sur les raisons du pourquoi, on en reparlera de vive voix 😄
Sur le fond par contre, en discutant avec mes formateurs, prônant des interventions très limitées sur les arbres, j'ai retenu quelques éléments assez intéressants :
La couverture végétale de Paris pourrait être la même avec moitié moins d'arbres. Si le chiffre n'est pas vérifiable (et si un de mes lecteurs sait comment le vérifier, je prends !), regardez simplement le nombre de platanes et de tilleuls que l'on a en ville. Souvent plantés en alignements, ils sont régulièrement élagués. Allez voir les spécimens en port libre dans l'arboretum de Chevreloup. J'y suis monté... on n'est pas sur les mêmes bestiaux.
Le bon arbre, au bon endroit. À une époque où on doit verdir à tout rompre les projets, on peut s'interroger sur les volumes de terres à monter, arroser, entretenir sur des toitures tout en ne prévoyant que peu d'arbres au sol. En plus, des outils existent.
La fameuse méthode Miyawaki n’est pas la solution (dans nos contrées) : les essences ne sont pas les bonnes, le climat n’y est pas propice, et la mort des essences plus fréquente
Ce qu’on en retient : d’abord que planter des arbres (malgré une forte communication), ne se fait par à la légère. De même, la renaturation à des programmes immobiliers doit faire l’objet d’études raisonnées et efficientes. Ensuite, qu’entretenir les forêts existantes est la priorité (on reparlera de ZAN plus tard !). Enfin, que grimper aux arbres fait (très) mal aux mains au départ…
Pour aller plus loin, 2 super guides de l’ARB IDF : Le guide de la renaturation et le guide “Plantons local en Ile de France” que chacun peut lire, même pour son balcon ! C'est juste génial !
Credit : ARB Ile de France
Crédit : Ville de Paris - DLH/SPRUC-Com
Faire la ville sur la ville, faire avec le déjà là, recycler les faux planchers, concevoir un immobilier réversible. Autant d’objectifs plus ou moins poussés ou assumés, inhérents à l’immobilier.
Lors du baromètre de l’immobilier responsable, un promoteur expliquait qu’il était difficile de vendre plus cher un bâtiment réversible (il faut bien construire les mesures conservatoires) car : un peu moins bien à date T (des gaines en plus qui perdent de la surface) et un peu moins bien dans son usage futur (typologie et profondeur de plateaux à revoir).
De même, lors du dernier petit-déjeuner de l’institut Choiseul, un des intervenants indiquait que seule la taxation permettrait d’inciter les leaders à plus de responsabilité. Du coup, quid de l’intégration de l’économie circulaire à grande échelle ?
Pour avoir des éléments de réponse (on ne va pas se mentir : recycler un bâtiment, un téléphone portable, un collègue de bureau pénible, ce n’est pas si simple...), la revue Harvard Business Review prônait une approche "holistique", comprendre globale.
Ce qu'on en retient :
La rareté sous-tend la démarche : dans le domaine de l'immobilier, la rareté, ce sera sûrement (ça l'est déjà) le foncier (merci la ZAN à venir : Zero Artificialisation Nette des sols) et les matières premières (vous avez dit pénurie d'acier ?)
Il faut penser global et à l'échelle d'un écosystème. À date, on distingue en immobilier 2 grandes familles : les matériaux qu'on peut refondre ou reconcasser (acier, béton) et les corps d'états secondaires (poignées de portes and Co). On est loin d'un bâtiment en kit où l'on pourrait facilement recycler / réparer...
La conception doit se nourrir de ce besoin de recyclage in fine. De là à dire que c'est une bonne idée que de nous faire imaginer la réversibilité dès les permis... C’est sûrement là où il y a matière à creuser et à améliorer.
Pour aller plus loin : allez consulter les projets du booster du réemploi (dont Kaufman & Broad est partenaire #eastereggautopromo !) qui donne de très bonnes applications d'économie circulaire. Comme l'est l'image d'illustration de cet article.
Crédit : SFL
Des études sur le monde d'avant, sur celui d'après, sur le nouveau visage des bureaux de demain, on en a déjeuné un peu jusqu'à l'overdose. Dans un contexte de remise en cause des projets à cause de leur financement, cela donne un cocktail sur la prévision des mètres carrés à venir digne de Madame Irma (on parlerait de 5 milliards de transactions bloquées en France).
Dans ce paysage, il faut regarder du côté des études immobilières qui se focalisent sur les marchés régionaux ou internationaux. Pour comparer évidemment, mais pour y déceler certains signaux faibles qui s'y traduisent très concrètement sur les logiques immobilières des salariés et des entreprises (ou bien des habitants d'ailleurs si votre idée est de savoir s'il faut acheter ou pas cette petite bicoque paumée pour vous y recycler en chambre d'hôtes).
2 études à lire et parcourir en cette fin d'année 2022 :
Le baromètre Arthur Loyd, qui chaque année fait un palmarès des métropoles régionales françaises. Sans surprise (je n'ai aucune objectivité là-dedans), Lyon s'y classe 1ère. Mais on y voit le grand besoin des entreprises des nouvelles technologies en termes de m² ou bien encore le fait que "2/3 des projets d’investissement dans les filières de transition climat sont localisés hors des grands pôles urbains".
Le Paris Workplace by SFL (avec la collaboration de Evidence) qui analyse depuis 2014 ce que pensent les salariés de leurs espaces de travail. On y apprend que Paris, malgré une propreté remise en cause assez fortement (au-delà des hashtag tarte à la crème) et un chauvinisme très modéré, est la capitale (entre Berlin, Londres, Madrid) où les salariés ont le plus voulu revenir au bureau.
À la conférence de remise de l'étude, Augustin Paluel-Marmont y a donné une pertinente et partisane keynote. Il a expliqué comment le siège d'une boîte peut en devenir un pilier pour ses salariés (54% des sondés estiment que les bureaux sont un élément de choix pour un candidat). Mais également pourquoi Paris gagnerait à fonctionner comme Londres avec des villes limitrophes assimilées concrètement comme des quartiers ou arrondissements (qui a parlé de la patate chaude des transports franciliens ?).
Ce qu'on en retient : d'un côté qu'il y a une vraie quête de sens dans le geste d'aller au bureau (si on peut être, comme Augustin, plutôt contre le télétravail, qu'offre-t-on comme cadre au travailleur ?). Et qu'on a dépassé depuis longtemps le baby-foot et les fauteuils club à l'accueil.
De l'autre, que dans cette quête de sens, la dimension environnementale et la transition énergétique seront au cœur des débats. JLL témoignait à un récent point marché, à Lyon justement, qu'à horizon 2030, 2/3 de ses implantations devraient faire l'objet d'étude de repositionnement.
Crédit : Arthur Loyd
Credit : Fernando Guerra / FG+SG
Autre RDV incontournable de la fin d'année : la remise de l'Equerre d'Argent. Ce classement, co organisé par les revues AMC et le Moniteur, distingue chaque année une demi-douzaine d'œuvres, à l'appui d'un jury du métier (en l'espèce donc, 100% d'architecte en dehors des 2 directeurs de rédaction des revues).
Pour 2022, c'est une médiathèque, celle de Grasse, des agences Ivry Serres Architecture et Beaudouin Architectes, qui est lauréate. Les commentaires sont dithyrambiques : "une réalisation extraordinaire, rare", "atemporelle, élégante, d'une profonde unité", "d'une poésie folle". Le fait que cela soit un lieu de culture, où l'on imagine tous les ages y découvrant des œuvres dans un cadre d'exception n'est pas pour déplaire.
À titre personnel, le projet distingué en logements de Nicolas Reymond Architecture & Urbanisme et Michel Guthmann & Associés m'a interpellé par ses lignes pures mais aussi par toutes les questions qu'il suscite : quel rôle des doubles hauteurs en façade de mur en bois aveugle en partie haute ? Quel raisonnement sur le choix bois et/ou béton ? etc. Le projet a l'air passionnant !
Crédit : Salem Mostefaoui
Ce qu'on en retient ... Ou plutôt ce que ça interroge : Doit-on se satisfaire que l'intégralité du palmarès soit porté par la commande publique sans qu'aucun client privé n'y soit lauréat ? Devrions-nous en tant que maîtres d’ouvrage, nous remettre en cause ? Ou à l'inverse, s'interroger sur le coût et le financement de certains ouvrages ?
D'autre part, je confesse être plus que frustré à voir la "qualité d'usage" a priori récompensée... sans trouver nulle part d'images de l'intérieur de la médiathèque qui vit, qui accueille, qui émerveille. Là encore, le rapport entre l'œuvre de l'architecte et son usage est-il vraiment équilibré ?
La Conférence de l'ONU sur les changements climatiques (COP27) s'est achevée en novembre avec un sentiment d'inachèvement. On a pu lire que c'était une COP "pour rien" voire "décevante".
Côté verre à moitié vide : D'une part les énergies fossiles n'ont pas été mentionnées dans l'accord final. Concrètement, pas plus d'effort qu'auparavant... De là à faire le lien avec la présence de 636 lobbyistes défendant le charbon, le gaz et le pétrole (en hausse de 25% par rapport à la COP26), il n'y a qu'un pas. Et on comprend aisément qu'avec une représentativité supérieure à celles des délégations des pays eux-mêmes en nombre, ça crispe.
Côté verre à moitié plein des avancées concrètes sur le fond "Pertes et Dommages" destiné à aider les pays directement touchés et impactés par le changement climatique. Bon, par contre, on est loin du verre à "moitié plein" quand on voit des pays prévoir quelques dizaines de millions d'euros dans ce fond quand les estimations parlent de plusieurs centaines de milliards de conséquences.
Ce qu'on en retient : Peut mieux faire, certes, mais cette COP27 a, semble-t-il, permis de réelles avancées (à voir le résumé de Laurence Tubiana, Présidente de Convention citoyenne pour la transition écologique). Le vrai point d'inquiétude vient du fait que les réflexions restent au niveau du traitement des conséquences et non des causes...
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