🏘️ Habiter autrement, différemment, densément ? / n°23

Des projets de reconversion, de réinvention, d'imagination. Des défis de reconstruction et de nouveaux modes d'habitation. Et si 2025 était, pour de bon, synonyme d'innovation ? 🧐

OFFMARKET
6 min ⋅ 04/03/2025

La rentrée a été mouvementée … et encore plus que prévue ! La régularité promise lors du dernier numéro en a pris un coup et pourtant, les sujets de discussions sont nombreux. J’ai par exemple omis de parler de la volonté de Trump de recourir à une architecture “traditionnelle” même si, à la rigueur, on aurait aimé que ce début de mandat en reste à ça ! Quoiqu’il en soit, j’espère que pour ceux qui iront au MIPIM, le salon sera riche et permettra d’y voir plus clair chez mes anciens confrères promoteurs pour qui, un jour l’avenir s’éclaire (cf. les communications financières optimistes), et le lendemain, reste très sombre… Bon courage à toutes et tous !

1. Viens chez moi, j’habite chez le voisin

Dans un contexte où les préoccupations écologiques et sociales prennent de plus en plus d'importance, une nouvelle idée revient sur le devant de la scène (même si elle n’est pas récente) : la vie en coopérative d’habitation. Une alternative à la sacro sainte “maison individuelle” qui s’est régulièrement vue critiquée. Ces coopératives, souvent méconnues, offrent une solution innovante qui combine économie, écologie et solidarité.

Contrairement aux logements classiques (copro notamment), les coopératives d'habitation fonctionnent sur un modèle où les résidents ne sont pas propriétaires mais détiennent des parts sociales. Ce système permet de réduire les coûts tout en favorisant un mode de vie communautaire. Par exemple, à Sèvremoine, dix foyers ont choisi de vivre en coopérative, partageant des maisons écologiques avec ossature en bois, pour un coût total de 2,4 millions d'euros. Le principe est que c’est la coopérative qui va contracter le prêt et que les habitants achètent des parts de la société.

L'habitat partagé, sous ses différentes formes comme les éco-villages ou les habitats participatifs, révolutionne la manière de vivre ensemble et pousse jusqu’au bout le principe du partage des ressources et des espaces. A ce jour, en France, 1172 projets de ce type existent dont un peu moins de 500 déjà aboutis pour une moyenne de 9 foyers par projet.

Ces initiatives, telles que l'éco-village Téra en France, expérimentent des économies basées sur la coopération mais aussi la densification de la ville, en intégrant des modes de vie durables et solidaires. Des acteurs se développent tout spécialement sur ces nouveaux projets.

Ce qu’on en retient : la vie en coopérative représente une alternative viable et durable à la maison individuelle. Beaucoup d’avantages, avec une réponse également aux contraintes budgétaires de nombreux ménages. Le défi restant la consommation du foncier, point clé du développement de la ville, y compris en milieu urbain.

Nb : pour les architectes qui me lisent, ce sont les confrères de Solécité qui ont été à la manœuvre


crédits : AFPDDMcrédits : AFPDDM

2. Quand reconstruire doit faire réfléchir

Les incendies qui ont ravagé Los Angeles en début d'année ont laissé des traces indélébiles. Plus de 10000 habitations et bâtiments ont été détruits ou endommagés, transformant des quartiers entiers en paysages de désolation. La reconstruction s'annonce comme un défi colossal, tant sur le plan logistique que financier… et pose tout simplement la question de l’intérêt d’une reconstruction sans prise de recul.

Pour autant, les autorités locales, sous la pression de l'urgence, ont pris des mesures pour accélérer le processus de reconstruction. Le gouverneur de Californie a par exemple signé un décret pour réduire les délais d'obtention des permis de construire. Mais le débat quant à l’attribution de ces aides risque d’être plus long que prévu. Les républicains du congrès mettent en cause de mauvaises décisions politiques et semblent proposer de conditionner les aides à des réformes politiques !

Or la rapidité ne doit pas occulter les défis environnementaux et urbains. Concrètement, les zones d'interface habitat-forêt, particulièrement vulnérables aux incendies en raison de la proximité des habitations et de la fréquentation accrue de ces zones, nécessitent une réflexion pour éviter que de nouvelles constructions ne soient à nouveau menacées. Dès lors, la question se pose : faut-il reconstruire à l'identique ou repenser entièrement l'urbanisme de Los Angeles ? Les incendies ont mis en lumière les défis posés par le changement climatique. La reconstruction doit donc intégrer des solutions durables, telles que des matériaux résistants au feu et des aménagements paysagers adaptés. Des guides existent déjà.

Ce qu’on en retient : d’abord, que le dérèglement climatique n’aura pas que des conséquences “lointaines”. Ce sera très concret, et parfois justement, pour ceux qui dénigrent le réchauffement ou s’en sentent totalement déresponsabilisés. Des incendies qui, en tout état de cause, rappellent ceux en Gironde de 2022, là aussi, aggravés par une gestion de l’espace naturel parfois étrangère aux contraintes du climat.


3. Renaissance en perspective pour le Louvre

Le Louvre, sans doute le plus beau musée au monde (mon ancienne professeur d’anglais ne me contredira pas !), s'apprête à vivre une transformation majeure avec le projet "Louvre : Nouvelle Renaissance" lancé par Emmanuel Macron. Au programme : un lifting complet en seulement cinq ans, histoire de redonner un coup de jeune à ce monument historique qui en a bien besoin.

D’abord, les flux : nouvelle entrée à l'est du Palais, près de la colonnade de Perrault, pour désengorger l'accès par la Pyramide. Cette entrée, prévue pour 2031, sera dessinée par le gagnant d'un concours international d'architecture, dont le vainqueur sera désigné d'ici la fin de l'année. Reste à savoir ce qui accouchera de ce nouveau projet, dont les ambitions ne sont pas sans rappeler celles que beaucoup avaient pour la reconstruction de Notre Dame.

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Par François CHARTIER

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