Quasi un an sans OFFMARKET. Un retour aux sources avec du "je raconte bien ce que je veux" et puis aussi et surtout, un mot sur ce qui m'a bien bien occupé avec les collÚgues depuis un an : la réforme de modernisation de l'immobilier de l'Etat ...
©Kermap : ilÎt de chaleur à Troyes
Pour celles et ceux qui sont arrivĂ©s rĂ©cemment (oups) sur cette newsletter et ne connaissent pas encore la DA, voilĂ typiquement le genre de sujet que vous pouvez trouver ici et comment je le traite. A savoir, pas forcĂ©ment par lâangle le plus classique.
Si lâIA a eu lâexplosion que nous connaissons, y compris en immobilier (je ne parle mĂȘme pas de rĂ©daction, de recherche de PLU, de recherche marchĂ©, etc.), une nouvelle utilisation semble percer : celle de lâutilisation des vues satellite dans lâamĂ©nagement urbain.
En 2026, l'urbanisme peut carrĂ©ment ĂȘtre simulĂ© depuis l'espace. La fusion entre satellites haute rĂ©solution et deep learning transforme nos villes en Ă©cosystĂšmes prĂ©dictifs. Ce n'est plus de la simple cartographie, mais une vĂ©ritable IA capable d'analyser les flux de circulation, l'usure des infrastructures et les risques climatiques en temps rĂ©el.
Pour les urbanistes, l'enjeu est de taille : fini le "pifomĂštre" pour les nouveaux quartiers. GrĂące aux jumeaux numĂ©riques alimentĂ©s par les donnĂ©es spatiales, on peut tester l'impact d'une nouvelle ligne de tramway ou l'efficacitĂ© d'un Ăźlot de fraĂźcheur avant mĂȘme de poser la premiĂšre pierre. Cette technologie offre une vision inĂ©dite pour bĂątir des citĂ©s plus rĂ©silientes, plus fluides et, surtout, plus intelligentes.
Et le futur est déjà là avec des entreprises comme Kermap (pépite française spécialisée dans l'utilisation de l'IA pour analyser la végétation urbaine et les ßlots de chaleur à partir d'images satellites), ou Planet Labs (qui fournit des données quotidiennes sur toute la Terre) ou bien encore Space Climate Observatory (projet international qui utilise les données spatiales pour aider les villes à s'adapter au changement climatique telles que les inondations ou la surchauffe urbaine).
Ce quâon en retient : lâIA sidĂšre parfois, inquiĂšte souvent, mais sait aussi jouer un rĂŽle dans lâaccĂ©lĂ©ration du traitement des problĂ©matiques. Lâutilisation des images nâest pas nouvelle. La prĂ©diction et lâoptimisation de celles-ci oui. Certains le comprennent plus vite que dâautres.
Alors, certes, câest sympa de rĂȘver dâIA orbitale, mais la rĂ©alitĂ© du marchĂ© nâa Ă©pargnĂ© personne fin 2025 (qui a dit que ça grinçait un peu au SIMI ?). Contrairement Ă ma propre rĂ©gularitĂ© sur cette newsletter, la crise du logement, elle, ne sâest pas mise en pause. Le secteur HLM traverse une zone de turbulences inĂ©dite : une Ă©quation insoluble entre explosion de la demande et capacitĂ©s de production grippĂ©es.
Les chiffres tombĂ©s en dĂ©cembre pour la mi annĂ©e Ă©taient Ă©loquents : au 30 juin 2025, 2,87 millions de mĂ©nages Ă©taient en attente dâun logement social en France. Selon les derniĂšres donnĂ©es du SDES, le parc ne progresse plus que de 0,5 % par an. Autant dire que les "parcours rĂ©sidentiels" sont totalement figĂ©s, transformant le secteur en une immense partie de chaises musicales oĂč personne ne bouge.
Face Ă ce mur, le Gouvernement a tentĂ© une offensive avec le lancement, le 23 janvier 2026, du dispositif "Relance Logement". Lâobjectif est ambitieux : injecter 500 millions dâeuros pour viser 125 000 nouveaux agrĂ©ments dĂšs cette annĂ©e. C'est le retour massif de l'incitation financiĂšre pour dĂ©gripper la machine. En parallĂšle, deux actualitĂ©s (un peu rĂ©chauffĂ©es, certes, mais toujours concrĂštes) :
Lâintensification de la Banque des Territoires : Au-delĂ des aides d'Ătat, elle avait annoncĂ© au congrĂšs USH dĂ©ployer un plan massif de soutien axĂ© sur le logement trĂšs social (PLAI) et la transformation de bureaux, un sujet maintes fois traitĂ© ici.
La pression juridique s'intensifie : En Ăle-de-France, le bras de fer continue. Des associations maintiennent leurs assignations contre les prĂ©fets pour non-respect de la loi de 2017 sur l'attribution des logements aux plus prĂ©caires.
Ce quâon en retient : On peut saluer les budgets de relance, mais le vrai sujet reste la capacitĂ© Ă produire "vert" sans faire exploser les coĂ»ts. Si l'on ne simplifie pas drastiquement la mutation du foncier obsolĂšte, que vont devenir ces 500 millions. Et quid du foncier Ă mettre Ă disposition par les mairies ⊠parfois trĂšs frileuses Ă en laisser produire.
JâĂ©tais Ă deux doigts de vous parler des avancĂ©es de nos travaux de lâaction collective de lâUniversitĂ© de la Ville de Demain sur la massification de la transformation des bureaux en logements. Mais comme câest un peu la marotte de cette newsletter, laissons ça pour une prochaine !
Autre serpent de mer de nos discussions du secteur : le fameux ârecyclage urbainâ. Sauf que cela nâest pas toujours facile de savoir par quel bout prendre la friche industrielle du coin ou l'ancien garage qui prend la poussiĂšre. LâexpĂ©rience vĂ©cue de pas mal de dĂ©veloppeur, câest ce moment oĂč l'enthousiasme pour un site atypique se fracasse sur un bilan prĂ©visionnel de dĂ©pollution totalement flou.
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