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Data4 Ă Marcoussis
1. Data Centers : nouveaux radiateurs de lâĂle-de-France ?
Pendant que tout le monde se bat pour savoir sâil faut transformer des bureaux en logements ou en forĂȘts urbaines (voir notre dernier numĂ©ro), un actif semble tirer son Ă©pingle du jeu : le Data Center.
LâORIE (Observatoire rĂ©gional de lâimmobilier dâentreprise) vient de poser le diagnostic ce 10 fĂ©vrier 2026 : lâĂle-de-France est lâun des "hubs" les plus convoitĂ©s au monde. Observation partagĂ©e par les services de lâimmobilier de l'Ătat qui, Ă travers ses importantes friches, sont rĂ©guliĂšrement sollicitĂ©s. Car ce n'est pas qu'une question de serveurs, c'est surtout la prochaine grande bataille de l'usage, du foncier et, surtout, de l'Ă©nergie.
Pourquoi c'est un sujet stratégique :
Le foncier est sous haute tension : Un data center consomme beaucoup. De lâĂ©nergie, mais aussi du foncier. On ne cherche plus la proximitĂ© des transports, mais la proximitĂ© des postes sources d'Ă©lectricitĂ©. Câest le nouveau critĂšre "Prime" : si tu n'as pas les mĂ©gawatts, ton terrain ne vaut rien pour ces acteurs. Et le fait est que combiner proximitĂ© aux infrastructures et tolĂ©rance des riverains, ce nâest pas forcĂ©ment simple.
La modernisation du rĂ©seau : Comme le souligne cet article du Monde, l'Ăle-de-France est en plein chantier. 94 milliards dâeuros Ă investir pour RTE Ă horizon 2030. Entre les risques de crues et les pylĂŽnes corrodĂ©s, la mise Ă jour du rĂ©seau Ă©lectrique est un prĂ©requis vital.
Le corollaire possible : la chaleur fatale : lâidĂ©e qui vient assez vite, c'est d'utiliser les serveurs pour chauffer les Ă©coquartiers ou les piscines voisines. On passe du "gaspilleur d'Ă©nergie" au "fournisseur de calories". Cela reste exploratoire. Et on peut aller plus loin : le projet Data4 de Marcoussis quâa visitĂ© dĂ©but fĂ©vrier ValĂ©rie PĂ©cresse est prĂ©curseur sur le sujet de la bio-culture.
Ce quâon en retient : des reconversions de friches qui continuent de se dĂ©velopper, un observatoire mis en place pour suivre le dĂ©veloppement, câest autant de vecteurs vers un secteur qui a un boulevard pour exploser dans les prochaines annĂ©es.
One more thing : le super article sur un mĂ©ga projet en Australie par The Conversation Ă voir sur un Ă©cran dâordinateur !
One again more thing (yes, Claire, my english has become awful âŠ) : un guide de lâinstitut Paris rĂ©gion sur le dĂ©veloppement des datas center.
Collage Michael Sallit pour « Les Echos »
2. Les immeubles ne montent pas au ciel
Entre des visuels accrocheurs, des annonces parfois en fanfare lors de salons (alors NON, malheureusement, je ne serai pas au MIPIM cette annĂ©e, lâargent de l'Ătat pouvant ĂȘtre mieux affectĂ©), et la rĂ©alitĂ© des projets, il y a souvent un grand Ă©cart (dâarchitecture, de date, de rĂ©sultat).
Deux projets ont refait parler dâeux en ce dĂ©but dâannĂ©e. Les tours Hermitage et la tour Montparnasse.
L'histoire d'Emin Iskenderov Ă La DĂ©fense, cela reste une des fresques incroyables que je suis depuis plus de 15 ans. Si Paris La DĂ©fense (PLD) avait sifflĂ© la fin du jeu, c'Ă©tait pour une raison simple : l'absence de garanties financiĂšres. Le promoteur n'a jamais pu prouver sa capacitĂ© Ă porter un chantier Ă 3 milliards d'euros. Les derniers rebondissements avant lâouverture du MIPIM semblent annoncer la fin de la fin des fins.
La vente aux enchĂšres des lots du promoteur : Câest lâĂ©vĂ©nement qui avait Ă©tĂ© pistĂ© fin 2025. Plusieurs lots de copropriĂ©tĂ© et de volumes aux "Damiers" dans un process de vente qui devait se clĂŽturer le 29 janvier 2026. A voir si des candidats se seront positionnĂ©s.
PLD qui a activĂ© une ZAD (Zone dâAmĂ©nagement DiffĂ©rĂ©) et son droit de prĂ©emption pour reprendre la main par arrĂȘtĂ© du prĂ©fet fin 2025. Les permis de construire expirent thĂ©oriquement en mai 2026.
CÎté Paris intra-muros, le dossier Montparnasse met la seconde.
Un permis modificatif (PCM) : Déposé en novembre 2025, ce permis acte un projet plus sobre. La surélévation est limitée à 12 mÚtres (contre les 25 mÚtres du projet initial de la Nouvelle AOM).
L'amiante reste le poison du dossier. Câest entre autres, ce qui a forcĂ© la prĂ©fecture Ă accĂ©lĂ©rer l'Ă©vacuation. Le calendrier approuvĂ© par la copropriĂ©tĂ© : La tour doit ĂȘtre vide au 31 mars 2026. Le curage dĂ©butera Ă l'Ă©tĂ© 2026, mais la restructuration lourde de la dalle attendra 2028.
Ce quâon en retient : Ces deux projets souffrent du mĂȘme mal : une gouvernance complexe (plus de 150 copropriĂ©taires Ă Montparnasse !) et un modĂšle Ă©conomique nĂ© avant la crise climatique. On passe Ă©galement d'un urbanisme de "geste architectural" Ă un urbanisme de "rĂ©paration". EspĂ©rons que les quartiers impactĂ©s lourdement et durablement par ces projets revivent rapidement.
3. Les villes Ă lâĂ©preuve des municipales
Les campagnes des municipales semblent avoir vĂ©ritablement mutĂ© ces derniĂšres annĂ©es : plus rapides, moins âpartisanesâ, elles sont bien Ă©videmment, comme souvent, lâoccasion de promesses de parcs ou projets Ă chaque coin de rue (encore que). LâInstitut Montaigne sâest penchĂ© sur le sujet avec la calculatrice et une mĂ©thodologie assez singuliĂšre Ă lâapproche des Ă©chĂ©ances des deux prochaines semaines. Quâen retenir cĂŽtĂ© urbanisme (mĂȘme si peu de programmes ont pu ĂȘtre chiffrĂ©s) ?
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