.Chaque mois, une sĂ©lection totalement arbitraire dâarticles ou sujets en lien plus ou moins fort avec lâimmobilier, lâarchitecture, et le numĂ©rique (parce que jâadore les jeux vidĂ©oâŠ)
Crédit : CNR, réponse à la question : Quels sont les 3 mots qui caractérisent le logement selon vous ?
Ouvert en novembre dernier en grande pompe Ă Paris, le Conseil National de la Refondation dĂ©diĂ© au logement nâa pas que des amis dans la profession. Le concept en 2 mots : interroger les français, parmi lesquels de nombreux professionnels, sur le logement de demain. En pratique, 3 groupes de travail sur les thĂ©matiques suivantes :
1_ Redonner du pouvoir dâhabiter aux Français
2_ RĂ©concilier la France avec lâacte de construire
3_ Faire du logement lâavant-garde de la transition Ă©cologique
Sur le papier, le principe est plutĂŽt bon de faire phosphorer autour dâun sujet de tensions. Que ce soit pour lâaccĂšs au logement, le vieillissement du parc, la politique et la gouvernance en elle mĂȘme, mais aussi et surtout, le manque de foncier. En pratique, ça rĂąle sĂ©vĂšre, et pour plusieurs raisons.
Dâabord et surtout, parce que beaucoup doutent de l'efficacitĂ© du dit Conseil. Cela a Ă©tĂ© dĂ©jĂ fait, on croule sous les rapports, et rien de nouveau sous le soleil. Ensuite, parce que le sujet principal est le manque de logement, chronique, dont on peine visiblement Ă sortir. Enfin, parce quâen lisant certaines propositions, on se rend bien compte que lâĂ©tat ne peut pas tout, tout seul, et quâil y a des grains de sable dans la machine.
Ce quâon en retient : A lâinstar dâHenry Buzy-Cazaux, il est difficile de penser que ce CNR nâaura pas de consĂ©quence, tant le âtrigger pointâ semble dĂ©jĂ atteint. Mais dĂšs lors, ne doit tâon pas concentrer collectivement nos efforts sur lâacceptation dâune densitĂ© de la ville, dâune construction plus soutenue, dans un pays oĂč le NIMBY est tout de mĂȘme de mise ⊠? Ne doit tâon pas Ă©galement donner la primeur aux nouveaux accĂ©dants plutĂŽt que renforcer toujours plus la production de logement en grande partie destinĂ©s aux investisseurs ? Bizarre que cette derniĂšre question soit si peu abordĂ©e âŠ
Crédit : Eliot Elisofon / The LIFE Picture Collection
Jâai une sorte de fascination pour les dĂ©fis de construction ou de montage lowcost, et surtout, comment les recettes de nos grands-parents permettent parfois de faire mieux avec moins. Dans les rĂ©cap annuelles dâArchdaily, je suis tombĂ© sur cet article traitant des constructions troglodytes.
Nous apprenons Ă lâĂ©cole (ou dans âIl Ă©tait une fois lâhommeâ) que les premiers habitats de l'humanitĂ© Ă©taient des grottes naturelles qui offraient une protection contre les Ă©lĂ©ments et les prĂ©dateurs. Les premiĂšres constructions permanentes ont Ă©tĂ© Ă©rigĂ©es Ă l'apparition de l'agriculture.
Aujourd'hui, des centaines de millions de personnes vivent encore en partie sous terre, notamment en Chine (20 millions quand mĂȘme, voire 30 !), en France et en Tunisie. Les grottes ont souvent Ă©tĂ© considĂ©rĂ©es comme des espaces sacrĂ©s pour la mĂ©ditation et la rĂ©flexion solitaire, et ont Ă©tĂ© transformĂ©es selon les ressources locales disponibles. Les avantages de l'habitat troglodyte sont la tempĂ©rature constante et l'efficacitĂ© Ă©nergĂ©tique, mais il y a des inconvĂ©nients tels que le manque de lumiĂšre naturelle et de ventilation.
Les exemples contemporains de l'architecture troglodyte, tels que les maisons troglodytes de Grenade (allez voir ce reportage de Geo !) en Espagne et les résidences avec cour encastrée en Chine, proposent une alternative durable et peu coûteuse aux tendances architecturales actuelles, et soulignent l'importance de se connecter avec la nature pour trouver un confort durable. Une récente expo au Musée Noguchi de New York a justement mis en avant celles réalisées au Mexique.
Ce quâon en retient : câest que nous pouvons partager en partie la conclusion de lâarticle, expliquant que regarder vers le sol et la terre pourrait ĂȘtre profitable que toujours aller plus haut. Il convient en effet de relativiser quant Ă la consommation dâespaces au sol et les complexitĂ©s techniques. Cela dit, nous pouvons peut-ĂȘtre commencer par y stocker nos denrĂ©es âĂ lâancienneâ !
One more thing : nous parlions le mois dernier des prix Archdaily. Celui du meilleur projet recevant du public est un restaurant pour le moins⊠surprenant !
Crédit : YASHIRO PHOTO OFFICE, Photo Ikko Dobashi
Crédit : Métropole Grand Paris
Sujet plutĂŽt rĂ©current des discussions de la profession mais pas tant : le sort des grands Appels Ă Projets Urbains Innovants (APUI). Le mois dernier, lâInstitut Paris RĂ©gion, agence rĂ©gionale dâurbanisme et de lâenvironnement, a publiĂ© une importante enquĂȘte (Ă tĂ©lĂ©charger ici) sur ces outils de fabrique urbaine qui permettent de sĂ©lectionner le meilleur projet pour un terrain Ă cĂ©der en organisant une consultation d'opĂ©rateurs.
Nous lâavons tous constatĂ© : les APUI ont permis aux collectivitĂ©s de porter une ambition pour des sites Ă vocation principalement privĂ©e et ont changĂ© la façon de travailler des promoteurs qui, dâune certaine maniĂšre, ont repris les codes des amĂ©nageurs. Cela dit, le bilan reste trĂšs mitigĂ© et lâĂ©tude, dense, permet dâen dresser un bilan avec dâautres enseignements.
Dâabord, la mĂ©thodologie peut sâavĂ©rer pĂ©rilleuse sur les trop grands sites oĂč arriver Ă mettre autour de la table Pierre, Paul, Jacques, le beurre, lâargent du beurre et la crĂ©miĂšre relĂšve du miracle. Et nous ne parlons mĂȘme pas encore des recours des riverains ! Ainsi, dĂ©but 2023
_ 400 000 mÂČ SDP sur 34 sites sont livrĂ©s ou en chantier (11% du total de mÂČ SDP initialement projetĂ©s)
_ Plus dâ1 million de mÂČ SDP (30% du total), ne seront pas rĂ©alisĂ©s
_ Restent 54 sites (60% du total), toujours Ă lâĂ©tude ou au stade du permis de construire.
Ensuite, la clĂ© rĂ©side clairement dans lâimplication des collectivitĂ©s. Nous lâavons expĂ©rimentĂ© collectivement : mettre dos Ă dos les strates territoriales, communales, et privĂ©es n'amĂ©liore rien. De lĂ Ă faire le lien avec mon premier article sur les politiques du logement, il nây a quâun pas.
Enfin, autre signal faible dont le rapport se fait (trĂšs bien) lâĂ©cho : le rapport Ă lâinnovation qui a, certes, fait Ă©merger de nouveaux concepts vertueux, mais reste lĂ encore contrastĂ©. Entre les innovations de service qui doivent prouver quâelles sont effectivement utiles, celles constructives qui sont finalement une rĂ©ponse logique Ă lâurgence environnementale, ou les projets qui ont associĂ© comitĂ© ou conseil scientifique, il y a Ă boire et Ă manger.
Ce quâon en retient : le diagramme ci-dessous parle de lui-mĂȘme. EspĂ©rons avoir dĂ©passĂ© la course au âtoujours plusâ en termes de âconcepts chocsâ, âconstruire mieux et plus rapidementâ (câest faux !) et autres concepts super innovants qui nâont aucune rĂ©alitĂ© Ă©conomique pour revenir Ă lâessentiel : ces APUI doivent avoir en ligne de mire lâintĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral et favoriser lâĂ©mergence dâattractivitĂ© dĂ©centralisĂ©e.
Crédit : Institut Parise
A lâheure oĂč jâĂ©cris, Ă la bourre, ces derniĂšres lignes, le MIPIM ouvre ses portes. Grand messe annuel de lâimmobilier (français, europĂ©en, voire mondial par la provenance des exposants), câest lâoccasion de prĂ©senter des projets, de dĂ©battre de sujets dâinnovation, et aussi et surtout, de prendre le pouls de la profession.
Et autant dire que cette annĂ©e, on y va avec cirĂ© et parapluie tant les nuages semblent sâamonceler. Les revues spĂ©cialisĂ©es le pointent bien : câest a minima une fin de cycle, voire de changement profond de paradigme. Le COVID avait vu son lot de prĂ©sages en tout genre. La guerre en Ukraine et la crise Ă©nergĂ©tique qui sâen est suivie ont ajoutĂ© leur piment. La contamination aux systĂšmes bancaires est lâavant derniĂšre pierre Ă se barrer sur le cĂŽtĂ© avant que les marchĂ©s soient totalement plantĂ©s.
CĂŽtĂ© bureaux, les transactions sâĂ©tablissent, selon les chiffres, Ă 2,6 Md⏠investis Ă date (VS 6,5 Md⏠à fin T1 2022). A mettre en perspective de 13 Md⏠en 2021 au total et 20 Md⏠avant COVID en 2019. Lâattentisme est de mise dans un contexte oĂč le coĂ»t des financements explose et Ă une allure fulgurante (cela dit, en partant sur du full equity, on peut sâen sortir !).
CĂŽtĂ© logistique, ça coince de façon surprenante, avec des montants qui reculent fortement avec, toujours dâaprĂšs CFNews, seulements 100 M⏠investis Ă date.
Enfin, le logement inquiĂšte trĂšs fortement. Depuis lâĂ©tĂ© dernier la machine est grippĂ©e et ce dĂ©but dâannĂ©e ne voit pas dâĂ©claircie. Avec des taux dâemprunt autour des 3% sur 20ans, les capacitĂ©s dâemprunt ont drastiquement Ă©tĂ© compliquĂ©es au cours des derniers mois.
Ce quâon en retient : mĂȘme si plus de 20 000 participants sont attendus au MIPIM cette annĂ©e (+15% par rapport Ă lâan dernier), lâambiance risque dâavoir un petit arriĂšre goĂ»t salĂ© ⊠Cela Ă©tant, ce nâest pas la crise pour tout le monde. RĂ©novation Ă©nergĂ©tique, innovations continuent dâavoir le vent en poupe et tant mieux ! MĂȘme si pour le coup, nous pouvons nous interroger, comme certains, sur la rĂ©elle prise de conscience Ă©cologique du
Crédit : Noshe
Câest Sir David Alan Chipperfield, architecte et urbaniste, qui a Ă©tĂ© nommĂ© LaurĂ©at du Prix Prizker 2023. Câest plus de 40 ans de travail qui sont rĂ©compensĂ©es, qui ont Ă©largi les typologies et la gĂ©ographie de son travail.
Son travail, Ă©lĂ©gant et fin, se retrouve notamment sur des bĂątiments publics, culturels et universitaires, des rĂ©sidences et des amĂ©nagements urbains en Asie, en Europe et en AmĂ©rique du Nord. Le jury a saluĂ© son engagement en faveur d'une architecture âsubtile mais puissante, discrĂšte mais Ă©lĂ©ganteâ.
2 Ă©lĂ©ments saillants (sâil ne fallait en retenir que 2, et je sais que câest rĂ©duire honteusement son oeuvre que je vous invite Ă (re)dĂ©couvrir sur le site de son agence) ressortent de son travail :
Dâabord, sa trĂšs grande maĂźtrise du travail sur lâexistant avec de nombreux travaux de patrimoine historique, comme lâune de ses Ćuvres majeurs, ma rĂ©novation du Neues Museum Ă Berlin, en collaboration avec Julian Harrap Architects, pour remettre en lumiĂšre « un monde piranĂ©sien de colonnes et de fragments »
Crédit : David Chipperfield Architects
Egalement, sa prise en compte des impacts environnementaux, historiques et sociĂ©taux en adaptant son langage architectural Ă chaque lieu. Le laurĂ©at 2016, Alejandro Aravena, dĂ©crit Chipperfield comme Ă©tant Ă la fois âassurĂ© et sans arrogance, confrontant et soutenant les liens entre tradition et innovation, servant l'histoire et l'humanitĂ©â. Cette modernitĂ© et cette conscience des enjeux environnementaux se retrouvent notamment dans la galerie James-Simon situĂ©e sur lâĂźle aux musĂ©es de Berlin, un bĂątiment blanc en colonnades, conçu Ă partir de matĂ©riaux de rĂ©cupĂ©ration.
Crédit : Célia Uhalde
Ce quâon en retient : Ă vrai dire, Ă peu prĂšs tout. LâĆuvre de Sir David Chipperfield est prolifique, Ă©lĂ©gante, et force le respect. Trop en dire serait surement maladroit de ma part. Une architecture aussi intemporelle frise lâĂ©ternel.
Si cela vous a intĂ©ressĂ© : đđ» sur LinkedIn et au plaisir dâen parler avec vous !
Si cela ne vous a pas intĂ©ressĂ© plus que cela, moi ça mâintĂ©resse : quel contenu aimeriez vous voir plus sur LinkedIn ? Comment pourrait on rendre ce rĂ©seau plus interactif ?