Chaque mois, une sélection totalement arbitraire d'articles ou sujets en lien plus ou moins fort avec l'immobilier, l'architecture, et le numérique (parce que j'adore les jeux vidéo…)
Numéro original paru en février 2022
Credit : AFP
Vous n’avez pas pu passer à côté de cette vue photogénique (si si…) du site des épreuves de Big Air des derniers JO de Pékin : un tremplin en neige artificielle perdu au milieu d’un décor tout droit issu de Cyberpunk 2077 en beaucoup plus crade.
Beaucoup se sont émus de cette image assez inhabituelle, d’autant plus dans un climat plutôt réfractaire à ces JO dans leur ensemble.
Pour ceux qui auront eu le temps d’aller au-delà du cliché générateur de buzz, on apprend que ce site de Shougang porte 2 ambitions assez remarquables. D’abord, l’ambition d’être le premier site de Big Air permanent au monde (et combien de sites olympiques peuvent se targuer d’être pérennes ?). Ensuite, d’être un modèle de reconversion industrielle, dont une partie du site a notamment été sélectionnée dans le programme C40 (réseaux de villes qui ont saisi l’urgence du climat).
Ce qu’on en retient : que parfois, on peut essayer de se focaliser sur le verre à moitié plein plutôt qu’à moitié vide (même si oui, le verre est ici assez vide…)
Pour en savoir plus :
Le site d’ARUP, partenaire de longue date de la reconversion du site
Un article de Lumières de la Ville retraçant le symbolisme du site
L’immobilier est un marché de cycles, d’évolutions, d’innovations. Parfois, cela va un peu plus vite que prévu. Il y a quelques mois, Mark Zuckerberg présentait sa version du “Metaverse”, univers virtuel dans lequel, à terme, nous vivrons tout un tas d’expériences. Si s’imaginer en train de faire une visio en réalité virtuelle en a décontenancé plus d’un (fini les visios avec la majorité des profils sans vidéo ni micro, à se demander s’ils sont vraiment là…), les univers virtuels n’ont pas attendu Mark pour se développer. Et, entre autres, dans l’immobilier.
En 2021, ce sont plus de 500 millions de dollars qui ont été investis dans des propriétés virtuelles. Et les analystes s’accordent sur une évolution record qui pourrait bien ressembler à une bulle quand même… Car à voir certains payer 450 000 $ pour avoir un terrain virtuel à côté de Snoop Dogg, on a de quoi s’interroger.
On pourrait se dire, à voir l’interface d’un des leaders du secteur, The Sandbox, que ce n’est que l’enfant capitaliste de Minecraft avec Simcity (si tu as les refs, parlons en !). En d’autres termes : une énième lubie de gamer. Sauf que lorsqu’on y voit des Carrefour, Axa, Gucci et autres Adidas y investir comme s’il s’agissait de nouveaux Champs Elysées, le phénomène est plus large…
Ce qu’on en retient : c’est que les sommes investies dans le metaverse sont vertigineuses, pour ne pas dire folles, et qu’elles interrogent tout de même sur les cryptomonnaies au sens large comme nouveau placement financier à la mode.
One more thing : il y a une autre façon de savoir si vos petits copains sont bien là pendant la visio : c’est carrément de les embarquer dans un bureau virtuel ! (vidéo du concept)
Credit : Hubert Bokboza / Bouchaud Architectes
Au milieu de la jungle des posts Linkedin, cette rapide étude très instructive sur les permis de construire à Paris. On y apprend qu’un permis met en moyenne environ 7 mois et demi à être instruit (contre 3 mois de délais théoriques). Délais auquel on ajoute celui des recours (par définition à durée indéterminée) … Chiffres à compléter avec le nombre de permis de construire obtenus.
Il y a quelques années, Guillaume Poitrinal, ancien patron d’Unibail dénonçait la lenteur quasi systémique des autorisations administratives en France. Il pointait la double peine que l’on subit : (1) s’armer de patience pour présenter le dossier de permis aux parties prenantes en amont, pour anticiper tout sujet autre que réglementaire, et pourtant (2), n’avoir aucune garantie d’éviter des recours une fois le dossier déposé.
Je ne sais pas si les délais pointés dans l’étude ont un point commun mais une chose est sûre : à une période où le déficit en logements est chronique, où la reconversion urbaine est une nécessité écologique, il est peut-être temps d’innover dans le domaine.
Ce qu’on en retient : avec l’accès à la data, il serait intéressant de rendre ces données claires pour étudier les collectivités en déficit et essayer d’élucider les raisons profondes de ce lag (je vous ai dit que j’aimais les jeux vidéo !) …
Credit : Business Immo
La revue Business Immo publie ce mois-ci (mag 182) un dossier complet sur le secteur de l’immobilier et les recrutements au sein des différents métiers de la profession.
Le dossier prend appui sur le Panorama de l’immobilier et de la ville que dresse chaque année EY (en partenariat avec Business Immo et la fondation Palladio). On en retient plusieurs choses :
Le secteur de l’immobilier a globalement mieux repris après la crise que les autres secteurs, même si certains produits (coucou les hôtels et les bureaux…) ne sont pas vraiment les plus rassurants pour les acteurs ;
L’enjeu climatique est au cœur des préoccupations (1) des dirigeants et (2) des étudiants, futurs embauchés. Ce n’est pas sans rappeler le Manifeste pour un réveil écologique publié il y a quelques années. Et en ces jours de nouveau rapport du GIEC, le contraire serait étonnant… Même si derrière la prise de conscience, il y a beaucoup à faire ;
Les jeunes diplômés restent assez “factuels” dans les critères qu’ils regardent à l’embauche : le niveau de rémunération (ah bon ?) et l’ambiance au travail. Le graphe suivant est assez sévère en la matière…
Credit : EY / Business Immo / Fondation Palladio
Les jeunes générations se positionnent un peu comme des consommateurs vis-à-vis de leur entreprise, en se demandant ce qu’elle a à leur offrir comme perspectives, comme confort de vie, comme salaires.
Dixit Nathanaël Trouiller, Partner chez le cabinet de recrutement Haussmann Executive Search. Et de pointer le raccourcissement de la durée de la première expérience au cours des 10 dernières années. Avis partagé par un de ses confrères chasseurs de têtes expliquant que si 2021 avait été la meilleure année en termes de placements, elle avait été aussi la plus dure compte tenu de la volatilité des candidats. 1 profil sur 5 contre 1sur 15 auparavant dit “non” à la toute fin d’un process de recrutement, offre en main et négociée.
Ce qu’on en retient : Pas sûr que ce phénomène de zapping touche uniquement les jeunes générations. Pas sûr non plus que la “marque employeur” soit si simple à appréhender, surtout postcovid où les priorités ont été recalibrées. De là à aller s’inspirer de la politique RH de Netflix qui est assez radicale pour composer une Dream Team… Il n’y a qu’un pas.
credit : MVRDV
Ceux qui me connaissent le savent : enfant, je voulais devenir architecte. Et puis mes parents m’ont convaincu de faire autre chose et arrivé en école, j’ai quand même tenté ma chance. 2 essais loupés à dessiner une pile de cartons à l’école d’architecture de Lyon, ma vocation était enterrée pour de bon (contrairement à Martin, je n’ai pas eu le courage de faire architecte après mon école).
Il n’empêche, l’architecture est un art qui fascine, passionne, parfois dérange et si on n’a pas forcément la culture que l’on aimerait dans ce domaine, les diverses expositions au Pavillon de l’Arsenal et à la Cité de l’Architecture, entre autres, peuvent permettre de combler ce manque.
Jusqu’au 13 mars, la “silver économie” est à l’honneur d’une de celles-ci.
Ce n’est pas forcément le thème que nous retiendrons ici (bien que passionnant et nous touchant tous). Ni, ce superbe projet d’Aires Mateus. Mais pour ce dernier sujet arbitrairement choisi, je me suis attardé sur l’un des projets de l’expo : WOZOCO, projet de MRVDV de 1997.
Pourquoi ? Parce que le principe de coursives est assez sous coté (malgré de (très) beaux exemples) à une époque où l’on nous parle de rencontres, de mixité, de “microville” … Parfois rappelant l’image des motels américains, elles peuvent être, dans une ère post-covid-on-veut-voir-du-monde-et-pas-rester-enfermé-chez-soi, des lieux assez chaleureux… Qui en plus permettent une double exposition des logements assez salutaire en milieu urbain !
Credit : Pierre L’Excellent
credit : AAVP
Ha ! Et quitte à faire (un peu) d’autopromo, et pour rester sur des projets qui favorisent les échanges, et qui plus est, toujours de MVRDV, jetez un œil à celui-ci (by KB !)
credit : Ossip van Duivenbode
Si cela vous a intéressé : 👍🏻 sur LinkedIn et au plaisir d’en parler avec vous !
Si cela ne vous a pas intéressé plus que cela, moi ça m’intéresse : quel contenu aimeriez vous voir plus sur LinkedIn ? Comment pourrait-on rendre ce réseau plus interactif ?
PS : cette idée de revue de presse (je n’ai toujours pas trouvé la panacée dans le flux qui nous abreuve) m’est venue en lisant l’excellente newsletter de Kéliane Martenon sur les formats innovants sur les internets. À dévorer ici
PS 2 : je ne pouvais évidemment pas passer à côté du dernier rapport du GIEC qui doit impacter l’immobilier comme l’ensemble de notre société. J’y reviendrai le mois prochain. Même si Bon Pote en a fait une très bonne synthèse.