Chaque mois, une sélection totalement arbitraire d'articles ou sujets en lien plus ou moins fort avec l'immobilier, l'architecture, et le numérique (parce que j'adore les jeux vidéo…)
Numéro original paru en Avril 2022
credit : résumé du rapport du GIEC pour les décideurs (à lire !)
À l’heure où j’écrivais les dernières lignes du premier Off Market, le 2e rapport du GIEC tombait. À l’heure où j’écris ces lignes, le 3e vient de nouveau de tomber… Rapide retour sur celui de mars. Dramatique, comme le précédent, il y a eu beaucoup d’articles sur le sujet et notamment de très bonnes synthèses. Elles sont passées un peu inaperçues pour les raisons tragiques que l’on connaît (voir plus bas). 24h après sa publication, le rapport n’intéressait déjà plus.
Et pourtant le rapport est clair :
Aujourd’hui, le GIEC estime que 3,3 à 3,6 milliards de personnes vivent dans un contexte de forte vulnérabilité au changement climatique.
Nous serons impactés, il n’y a aucune ambiguïté. Et nos enfants aussi. Et ils le seront d’autant plus que nous continuerons à être timides dans les actions à mener. Ce qui est assez perturbant, c’est que nous n’avons la main, à titre strictement personnel, que sur le quart des économies nécessaires à faire.
Ce qu’on en retient : c’est d’abord que le secteur du bâtiment et de la ville a clairement un rôle à jouer d’autant plus qu’il sera impacté. Avec des impacts modérés à fort, les solutions à mettre en œuvre sont crédibles et existent (spoiler : le 3e rapport publié cette semaine en présente).
Et on ne va pas rester les bras croisés : si elles peuvent sembler coûteuses, il existe des actions à mettre en place là, tout de suite, personnellement ! Et vous pouvez commencer par faire l’exercice de calculer votre empreinte carbone. C’est très parlant !
Pour aller plus loin sur l’immobilier durable, la très bonne revue de presse mensuelle de l’OID (Observatoire de l’Immobilier Durable). Et le titre de ce premier sujet n’est pas de moi…
credit : Docomomo Ukraine
Démarrée le 24 février dernier, la guerre est de retour en Europe. Dramatique d’un point de vue humain et démographique, elle l’est évidemment aussi économiquement.
Si là encore de nombreux articles relaient ce drame absolu, il faut également voir les dégâts sur le patrimoine architectural et donc culturel du pays. Ce sont bien sûr des sites remarquables auxquels on pense le plus dans ces cas-là. Si la cathédrale Sainte-Sophie de Kiev semble pour le moment préservée, ce n’est pas le cas de beaucoup de bâtiments de Karkhiv, largement bombardée, et dont au moins 30 bâtiments du patrimoine architectural ukrainien ont été détruits en partie. Ville aux 24 universités, et aux quelque 200 000 étudiants, elle abrite notamment le “Derzhprom”, l’un des premiers gratte-ciel soviétiques en béton.
credit : Berliner Verlag/DPA Picture-Alliance/AFP
Ce qu’on en retient : Sigmund Freud le disait à juste titre à Eistein :
Tout ce qui travaille au développement de la culture travaille aussi contre la guerre
Et on ne peut que se désoler de voir ses pans entiers probablement disparaître (et il n’est nulle question de négliger les pertes humaines effroyables mais d’aborder cette actu sous un autre angle). À ce stade, il est très difficile d’évaluer les dégâts comme l’explique le président d’AMO dans ce podcast. En attendant, il lance une initiative salutaire d’accueil avec l’AFEX pour aider nos confrères ukrainiens.
One more thing : les structures en carton de Shigeru Ban mises en place par les étudiants de l’école d’architecture de Versailles.
credit : Erik-Jan Ouwerkerk
Continuons sur l’architecture mais de manière plus positive : le prix Pritzker 2022 a été attribué à Francis Diébédo Kéré, architecte originaire du Burkina Faso.
L’an dernier, le choix de Anne Lacaton et Jean-Philippe Vassal m’avait personnellement enthousiasmé par le caractère engagé écologiquement et socialement de leurs projets. La rénovation de la tour bois le Prêtre était pour moi tout simplement géniale au sens étymologique du terme.
Cette année, le choix de Francis Diébédo Kéré met en avant 3 composantes majeures auxquelles nous devons répondre dans nos métiers :
La justice sociale et l’accès à la qualité pour tous, comme le village Opera de Laongo.
Le recours aux matériaux naturels et “déjà là”, dans une responsabilité écologique (à lire, Archdaily qui détaille ses solutions contre le réchauffement climatique).
La participation des usagers à la conception de leur lieu de vie… y compris en mettant la main à la terre comme pour le projet de l’école élémentaire de Gando. À voir ce super TedX sur le sujet par Francis Kéré lui-même.
credit : Kéré Architecture
Ce qu’on en retient :
Ce n’est pas parce que vous êtes riche que vous devez gaspiller du matériel. Ce n’est pas parce qu’on est pauvre qu’on ne doit pas essayer de créer de la qualité. Tout le monde mérite la qualité, tout le monde mérite le luxe et tout le monde mérite le confort. Nous sommes liés les uns aux autres et les préoccupations en matière de climat, de démocratie et de pénurie nous concernent tous.
Je ne parle évidemment pas des compagnons fétiches d’Agnes, la fille de Gru, mais bel et bien des start-up non cotées et n’étant pas une filiale d’un grand groupe, dont la valorisation est supérieure à un milliard de dollars.
Knight Frank a publié une intéressante étude sur les implantations de ces sociétés. Certaines se sont fait connaître récemment (comme Doctolib) et d’autres font encore pâlir mes parents quand je leur en explique le principe (Sorare ?). Avec des levées de fonds toutes plus impressionnantes les unes que les autres et un doublement de leur nombre en un an, ces entreprises méritent que l’on s’y penche tant elles pèsent de plus en plus dans les surfaces prises à bail. L’étude montre que :
Les sociétés du FT 120 dont sont issues les licornes sont implantées en majorité dans Paris intra-muros et y paient des loyers supérieurs à la moyenne.
La demande placée les concernant reste faible (200 000 m² à comparer à quasi 2 millions de m² placés en IDF sur 2021) mais en très nette progression avec des croissances exponentielles pour certaines (Payfit est passé de 65 m² en 2014 à 7900 m² en 2019 !)
La stratégie immobilière de ces entreprises se définit sur le court terme et une forte hybridation des modes de travail y est de mise.
Ce qu’on en retient : c’est que ces sociétés seront peut-être (voire probablement) les employeurs de bon nombre de nos enfants (62% des Français utilisent au moins une innovation de la French Tech au moins une fois par mois). Elles sont ainsi sûrement précurseurs dans l’aménagement des espaces de travail, dans leur façon d’attirer et conserver les talents et il y a fort à parier qu’elles seront de bons conseils (avant qu’elles aussi investissent jusqu’à 7 milliards dans de nouveaux locaux).
One more thing : dans les secteurs en plein boum, citons les jeux vidéo (je vous avais prévenus que j’en parlerai !) qui font de très bons scores en France. Et quand on voit l’engagement des communautés en France, il y a matière à imaginer de belles évolutions…
credit : reddit (je voulais caser cet event qui va au delà pour moi d’une simple bataille de pixel)
credit : Hiroko Masuike/The New York Times
On ne va pas revenir sur le débat autour de la ville du quart d’heure. D’abord parce que je n’ai pas 3h devant moi (et vous non plus !). Ensuite, parce qu’il y aurait beaucoup à en dire, sur les concepts des villes verticales, sur les villes autonomes du futur (enfin, pas si loin !), et j’en passe.
Qui dit “tout à portée de main”, dit aussi livraison rapide. Et le confinement n’est pas innocent à l’explosion des dark store ou apparentés à travers le monde. À New York, les chaînes de magasin pouvant vous livrer à peu prêt tout sont légion. À Paris, la mairie leur fait carrément la chasse. La part du commerce en ligne dans le domaine de l’épicerie augmente et les livraisons rapides existent déjà chez nous.
En aménagement, en politique de la ville, au fil des concours, on préfère parfois se focaliser sur des images d’Epinal. On en oublie tout ce qu’il faut pour faire vivre les services proposés, les contraintes liées, et trop souvent, ces sujets resurgissent trop tard.
Ce qu’on en retient : opposer dark store et commerces traditionnels, c’est le même débat qu’opposer e-commerce et l’habilleur du coin. Cela ne tient pas. Pourquoi ne pas mieux travailler aux circuits de livraison du dernier kilomètre, à les combiner avec une mobilité en pleine révolution dans les villes ? En tout état de cause, l’argument juridique ne tient pas.
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