1. Crach, boum, hue đ”
Et bonne annĂ©e surtout ! Et quoi de mieux pour bien dĂ©marrer quâun coup de rĂ©troviseur sur cette fameuse annĂ©e 2023 quâon nous avait prĂ©dit atroce dans lâimmobilier. Et bien ⊠elle a tenu ses promesses avec un nombre de dĂ©faillances dâentreprises assez colossal. 57 729 dĂ©faillances en 2023 soit une hausse de 36% aprĂšs une annĂ©e 2022 pas fameuse avec un rattrapage post COVID de +44%. Le cabinet Altares dresse un portrait des entreprises sans appel et avec un focus sur lâimmobilier câest +40% sur un an.
DerriĂšre les gros titres qui tachent (et qui emploient des chiffres que mĂȘme un ctrl+ F dans le rapport ne retrouve pas), allons un peu plus loin sur ces donnĂ©es :
La trĂšs grande majoritĂ© de ces dĂ©faillances concernent des TPE (<10 salariĂ©s) pour 52 000 dâentre elles et mĂȘme 42 000 pour les moins de 3 salariĂ©s ;
Cela étant, les PME > 100 salariés sont trÚs fortement impactées avec +80 % en un an (171) ;
La maturité ne sauve pas la mise puisque plus de 32 000 entreprises de plus de 6 ans ont connu une défaillance ;
CÎté construction, effectivement les agences immobiliÚres sombrent avec +116% et 910 défaillances
En regardant les structures > 60 M⏠de CA ou >300 salariĂ©s, et se focalisant sur les dĂ©faillances dâentreprises connues de lâimmobilier, on note Orpea et RĂ©side Etudes (acteur majeur des LMNP) en procĂ©dures de sauvegarde. Je ne citerai pas les commerces, eux aussi, nombreux. A noter quâentre 2010 et 2016, 62% des entreprises concernĂ©es par un plan de sauvegarde voyaient leur dette restructurĂ©e, 5% connaissaient un plan de cession et 33% une liquidation.
Concernant les agences immobiliĂšres, on peut lĂ©gitimement se demander si ce nâest pas une saine clarification dâun marchĂ© un peu saturĂ©.
Ce quâon en retient : La profession est Ă©videmment touchĂ©e. Et fait pour le moment face. Cela Ă©tant, les âgrosâ comme Nexity et Vinci Immobilier ne sont pas Ă©pargnĂ©s. Et si par respect pour les confrĂšres, je ne commenterai pas, cela pose, pour nos professions, la question du modĂšle Ă©conomique, du modĂšle de risque, et des consĂ©quences dâune concurrence exacerbĂ©e parfois sans raison.
2. Usine à gaz et rénovation de prime
Au 1er janvier, la tradition veut qu'au-delĂ des nouveaux dĂ©corĂ©s de la lĂ©gion dâhonneur, beaucoup de choses changent. Je ne parle pas Ă©videmment des bonnes rĂ©solutions qu'on ne tient plus 2 semaines plus tard. Mais plutĂŽt des normes, lois ou bien dispositif fiscal en tous genres dont nous abreuve le lĂ©gislateur. Et cette annĂ©e, câest le fameux dispositif âMaPrimRenovâ qui se voit plutĂŽt pas mal retravaillĂ©. Et cette annĂ©e, mĂȘme si ma chaudiĂšre gaz, pourtant aidĂ©e il y a seulement 3 ans est devenue persona non grata, on nâest pas loin de lâusine ⊠à gaz.
Les principaux changements sont les suivants :
Le DPE (Diagnostic de Performance Energétique) est évidemment obligatoire et doit démontrer un gain de 2 classes pour avoir droit à la quelconque aide
La prestation d'accompagnement par Mon Accompagnateur Rénov' devient obligatoire pour tous travaux
Les rĂ©novations globales et/ou installation de chauffage renouvelable sont les seules qui sont encouragĂ©es. En clair, une isolation simple des combles, ou des fenĂȘtres, aides dĂ©jĂ bien rabaissĂ©es par les annĂ©es, ne sont plus vraiment appuyĂ©es
Mais va tâon dans le bon sens ?
2 rĂ©serves apparaissent quand mĂȘme assez rapidement :
Est ce que la chaĂźne de production de lâĂ©nergie est prise en compte dans le calcul ? ConcrĂštement, en France, cela fonctionne pour les PAC (Pompe Ă chaleur) car la majoritĂ© de notre Ă©lectricitĂ© est nuclĂ©aire. Donc dite ârenouvelableâ. Quid du gaz vert dont GRDF tente de faire la dĂ©monstration ? Quid Ă lâinverse des bĂ»ches de bois brĂ»lĂ©es pour les inserts fermĂ©s toujours Ă©ligibles ?
Qui va faire ces fameux travaux ? Le reste Ă charge reste au bas mot, trĂšs important, voire Ă©norme en fonction des niveaux de revenus. Quand on regarde les montants Ă©valuĂ©s par Hellio, en fonction des revenus, cela reprĂ©sente entre 50% et 100% des revenus annuels. Donc prĂȘt ⊠dur Ă envisager.
Ce quâon en retient : inciter les habitants Ă agir sur le bĂąti, câest une excellente chose. Mais les freins sont trĂšs (trop) nombreux. Peu dâartisans qualifiĂ©s, une usine Ă gaz de subventions en tout genre sur le papier mais difficile Ă solliciter (jâai un souvenir Ă©mu du circuit pour rĂ©cupĂ©rer 500⏠sur une chaudiĂšre il y a 3 ans), et au final, un sentiment de lourdeur qui risque vraiment de freiner ces travaux.
Bon à cliquer : Lien vers le doc récap
3. Il est oĂč le Ministre, il est oĂč ?
Je ne pensais pas pouvoir faire cet article puisque, comme souvent, je suis en retard sur la publication de ce nouveau numĂ©ro (nâĂ©tant pas professionnel du domaine, je fais ça sur le temps libre que jây octroie soit ⊠la nuit !). Et pourtant, Ă lâheure oĂč jâĂ©cris ces lignes, il nây a officiellement pas de Ministre du Logement.
Si lâon remonte les anciens ministres, la derniĂšre de plein exercice Ă©tait Emmanuelle Cosse. 2017. Depuis, ce sont des ministres dĂ©lĂ©guĂ©s rattachĂ©s au Ministre de la CohĂ©sion des territoires ou bien Ă au Ministre de la Transition Ă©cologique avec des portefeuilles un peu tournants.
ForcĂ©ment, la profession grince quand on apprĂ©hende la crise que le secteur connaĂźt, quâil touche par dĂ©finition, TOUS les français, et que sans redonner une Ă©niĂšme fois les chiffres, câest un secteur, immobilier et bĂątiment / construction compris qui fait travailler une grande partie de la population tout en pesant lourd dans lâĂ©conomie. Certains acteurs agitent des Red Flag dans tous les sens mais in fine, comment ĂȘtre sĂ»r que des mesures prises en haut lieux (voire trĂšs haut avec lâEurope) redescendent jusquâĂ nous, dans les villes, au sein des territoires. Nordine Hachemi lâa pointĂ© dans un rĂ©cent Ă©change : le nĆud Ă desserrer câest celui de lâĂ©chelle des mairies. Et câest totalement vrai.
Un rapide avis sur le sujet : câest comme pour la transformation de bureaux en logements. Tout bloque Ă lâĂ©chelle locale. On ne veut pas perdre la taxe sur les bureaux. On ne veut pas faire dâĂ©quipements publics couteux (bah dĂ©jĂ arrĂȘtez de faire des musĂ©es Guggenheim en archi pour la moindre mĂ©diathĂšque âŠ). Ne parlons mĂȘme pas des amĂ©nagements dĂ©cidĂ©s arbitrairement qui juxtaposent des usages qui nâont rien Ă faire ensemble (non, maintenir une bulle dâactivitĂ©s dans un quartier pavillonnaire parce quâavant, câĂ©tait des usines historiques, ça nâa aucun sens). Clairement, le sujet est Ă une Ă©chelle macro locale.
Ce quâon en retient : Ă la fois, quâil yâa de sĂ©rieuses mesures Ă prendre pour dĂ©bloquer la situation, mais aussi, que ce nâest pas dâun ministre quâil faut tout attendre. Sous peine dâattendre longtemps.
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