Chaque mois, une sélection totalement arbitraire d'articles ou sujets en lien plus ou moins fort avec l'immobilier, l'architecture, et le numérique (parce que j'adore les jeux vidéo…)
Numéro original paru en Juillet 2022
Crédit : Citylinked
Faites le test : posez la question à un promoteur, architecte (surtout !), bureau d’études, paysagiste, AMO, et j’en passe : ils ont TOUS au moins travaillé sur un projet de Réinventer Paris, Inventer la Métropole du Grand Paris et autre déclinaison (ou réinventer la relation beau-fils / belle-mère mais ça, c’est un autre sujet …).
Pour rappel, ces concours, lancés à partir de 2014 avaient pour but de mettre à disposition des acteurs des terrains de jeux variés pour imaginer un usage “réinventé”. Process assez vertueux qui permet (en version très simplifiée) d’un côté à une collectivité de déléguer une compétence et de l’autre, à des acteurs de raisonner sur des échelles parfois plus grandes (et accessoirement, de se creuser les méninges pour être innovant).
Problème : selon une étude de Cintylinked associée à l’école urbaine de Sciences Po, la FPI Île-de-France et le programme de recherche Puca, c’est pas folichon niveau projets réellement sortis. Un chiffre qui frappe : 58 logements seulement livrés !
Ce qu’on en retient : A l’heure où de nouveaux (beaux) projets de réaménagement sortent, on peut espérer que l’on a tous collectivement appris de nos erreurs. Car vu la période qui s’annonce, trop tarder remettra fortement en cause ces sujets …
Bonus track : pour les donneurs d’ordre de ce genre de concours, il y a même un mode d’emploi
Crédit : La vie partout
L’épisode caniculaire de la semaine du 15 juin 2022 aura marqué les esprits par sa précocité et surtout par son rappel à l’ordre très concret des conséquences du dérèglement climatique.
Certains outils (climat HD) permettent de prévoir les conséquences très directes sur nos conditions de vie dans le futur, et on peut se demander de manière très cynique où il fera bon vivre d’ici à 2050. D’ici là, replanter de la végétation, l’entretenir et la favoriser semble une impérieuse nécessité (comment ça j’enfonce des portes ouvertes ?).
Pour l’illustrer, 2 articles / sujets intéressants :
Le compte IG “La vie Partout” qui détaille (entre autres sujets passionnants) le principe de l’îlot de fraîcheur dû à la transpiration des arbres (et pourquoi donc il fait plus frais en forêt);
Le projet fou de la Grande Muraille Verte en Afrique destinée à faire reculer le désert au Sahara. On y apprend que des arbres peuvent bien y pousser, encore faut-il que le bétail ne les mange pas !
Ce qu’on en retient : les îlots de fraîcheur et de végétalisation deviennent une nécessité impérieuse. Même à petite échelle. Il reste dommage de voir encore trop d’espaces publics 100 % béton ou minéralisés.
Crédit : Google
15 ans : c’est l’âge de l’outil Google Street View que nous utilisons (presque) tous régulièrement. Cette fonctionnalité de Google Maps permet, à travers plus de 220 milliards de photos déjà collectées et ce, sur plus de 100 pays, de visualiser à 360 degrés des rues, places et lieux avec une qualité photo réaliste de fait. Les équipes ont fait un article de blog assez ahurissant sur des endroits insolites.
Plus grande base de données au monde, elle couvre de plus en plus de sites grâce à la miniaturisation de ses moyens de captures. On l’utilise souvent dans nos métiers de développement immobilier (en complément des vues aériennes reconstituées de Google Maps) même si évidemment, rien ne remplace la visite sur site ! Et pour fêter l’anniversaire, Google transpose sur la version mobile la fonction remonter le temps.
Ce qu’on en retient : quand on voit le réalisme de cette vision à 360° au bout de 15 ans, on peut se demander si cela ne sera pas un bon palliatif (combiné à de la VR) pour “visiter” certains endroits sans devoir prendre l’avion. Les applications pour l’immobilier iront quant à elle de plus en plus loin, notamment quand on voit la nouvelle fonction “immersive” qui nous projette comme dans un drone.
Crédit : CAUE Bouches du Rhône
On le voyait le mois dernier (ou un peu avant 🤭) : la densification de nos villes est une solution à la réduction des trajets et donc, de la pollution, et donc, du bilan carbone déjà bien salé de nos activités.
Si l’info n’est pas d’hier, j’ai vu passé (via Colas Vienne) ce mois-ci cette étude du Conseil d’Architecture, d’Urbanisme et de l’Environnement des Bouches-du-Rhône qui présente 15 projets de densification. C’est rempli de détails, de l’imbrication des logements, jusqu’à la gestion des vis-à-vis ou encore le rapport à l’espace public. Claire, précise, magnifiquement illustrée (par Martin Etienne), cette étude permet de voir les problématiques d’accès, de stationnement, d’étalement urbain, à toute échelle urbaine (et il y a encore un projet de Lacaton Vassal dont je suis amoureux 😍).
L’étalement urbain, c’est un sujet dont on peut mesurer l’ampleur via ces visuels en région parisienne (2022 VS 1950).
Ce qu’on en retient : c’est que si les villes restent des gros capteurs de populations, la réflexion sur la densité urbaine, les actions concrètes d’architectures et d’urbanisme se font dès l’échelle du jardin !
On ne change pas une équipe qui gagne : le quart d’heure architecture final (pour les nuls comme moi !). Au détour de nos déambulations développementesques, (et notamment dans le cadre des “Inventons” du premier article), j’ai découvert le quartier de la Maladrerie d’Aubervilliers.
C’est Renée Gailhoustet qui au même moment (années 70) est en charge des célèbres “étoiles” d’Ivry Sur Seine (avec bien évidemment Jean Renaudie) qui aura en charge de programme de rénovation urbaine. On retrouve les plans au FRAC du Centre Val de Loire et personnellement, je pourrais y perdre des heures !
Crédit : Renée Gailhoustet
Ce qui est superbe à remarquer dans ces ensembles, ce sont les espaces extérieurs généreux, à tous les étages, qui avaient fait reparler d’eux au moment du confinement. La forme de ces ensembles est reconnaissable entre mille même si aucun promoteur n’accepterait sûrement de reproduire de tels plans de vente ! Et pourtant …
Ce qu’on en retient : On ne peut être que nostalgique d’une architecture aussi engagée et autant tournée vers l’habitant. Certes, tout le monde n’a pas la main verte ou le goût pour entretenir un balcon mais quelle meilleure façon pour sensibiliser les jeunes à la biodiversité qu’en avoir un échantillon propre à bichonner ?
Bonus track : Renée Gailhoustet sera récompensée en septembre par la Royal Academy of Arts
Si cela vous a intéressé, vous connaissez la règle :👍🏻 sur LinkedIn.
Si cela ne vous a pas intéressé plus que cela, eh bien je suis toujours preneur de vos idées pour l’améliorer. 😊