.Chaque mois, une sĂ©lection totalement arbitraire dâarticles ou sujets en lien plus ou moins fort avec lâimmobilier, lâarchitecture, et le numĂ©rique (parce que jâadore les jeux vidĂ©oâŠ)
©Yellow_man/Shutterstock
Chaque annĂ©e, il est une tradition depuis 1945 : celle pour le Gouverneur de la Banque de France dâĂ©crire une lettre au PrĂ©sident de la RĂ©publique. Dit comme ça, on se dit que relire Harry Potter sera peut ĂȘtre plus palpitant. Peut ĂȘtre. Mais moins intĂ©ressant pour savoir ce quâil se passe dans notre portefeuille. Car pour la seconde annĂ©e consĂ©cutive, le thĂšme est âdâactualitĂ©â : lâinflation !
Cette lettre donne des clĂ©s de lecture assez intĂ©ressantes. L'inflation interne en France a touchĂ© tous les biens et services. On le voit Ă notre portefeuille. Et ça douille : + 6,7% au moment de la lettre. Mais surtout, ce nâest pas que le prix du beurre ou du lait. Loin de lĂ ! Lâinflation câest 4 constituantes : les services, lâalimentation, les produits manufacturĂ©s et lâĂ©nergie. Si lâon retire lâalimentation et lâĂ©nergie, soit ce qui nous a fait mal sur le compte en banque de façon trĂšs visible (mĂȘme si le âquoiquâil en coĂ»teâ a limitĂ© la casse et quâil faut en sortir), lâinflation qui reste (lâinflation sous jacente) est de 4,6 %.
La Banque de France s'engage Ă ramener l'inflation Ă 2 % d'ici fin 2024 Ă fin 2025. ConcrĂštement, la bonne nouvelle est que la politique monĂ©taire dâun pays agit justement sur cette inflation sous jacente et donc les pouvoirs lĂ©gislatif et exĂ©cutif ont les outils pour le faire⊠MĂȘme si paradoxalement, ce nâest pas cela qui anime les dĂ©bats de lâassemblĂ©e.
Ce quâon en retient : 4 outils pour agir sur lâinflation globale (pas seulement constituĂ©e du prix de la tablette de chocolat ou du kWh) :
- Réussir la transformation énergétique et climatique (afin de réduire notre dépendance aux hydrocarbures russes par exemple)
- Prendre le train de la transformation numérique avant de rester sur le quai définitivement (voir la derniÚre lettre)
- Transformer le travail en France (comparativement à nos voisins, les jeunes et séniors sont les grands perdants)
- RĂ©ussir la transformation publique : les calculs sont pas bons Kevin ! On dĂ©pense encore bien trop âŠ
One more thing : 2 petits cadeaux pour savoir si votre employeur contribue Ă Ă©viter la spirale âprix profitsâ pointĂ©e dans la lettre : le bulletin de la BDF sur les nĂ©gos salariales (en moyenne, +4,4% dans les accords dâentreprises. +3% pour les cadres) et le dernier indicateur des salaires de bases dans le secteur privĂ© (+3,6% sur un an) đ€š
©La Finance pour tous
Le 22 mai, lâĂ©conomiste Jean Pisani Ferry a remis Ă la premiĂšre ministre son rapport sur âLes incidences de lâaction pour le climatâ. Good news : il est possible d'atteindre la neutralitĂ© climatique tout en bĂ©nĂ©ficiant d'une croissance Ă©conomique. Par contre, ça va pas se faire tout seul. 3 principes prĂ©sentĂ©s au rapport :
1_ L'orientation du progrĂšs technique vers des technologies vertes.
2_ La sobriété, c'est-à -dire la réduction de la consommation d'énergie sans pour autant sacrifier l'efficacité énergétique.
3_ La substitution de capital aux énergies fossiles.
Le rapport souligne également qu'il ne s'agit pas de choisir entre la croissance économique et le climat. Au contraire, la transition climatique pourrait générer une croissance verte plus robuste que celle actuelle, principalement grùce à la baisse du coût des énergies renouvelables.
Cependant, l'ampleur de cette transition est comparable Ă celles des rĂ©volutions industrielles passĂ©es et doit ĂȘtre orchestrĂ©e Ă un rythme plus rapide. Pour atteindre la neutralitĂ© climatique d'ici 2050, nous devons accomplir en dix ans ce qui a Ă©tĂ© difficile Ă rĂ©aliser en trente ans.
Petit souci : la dĂ©carbonation exigera des investissements considĂ©rables et pourrait temporairement freiner la productivitĂ©. Le coĂ»t Ă©conomique de cette transition ne sera acceptable politiquement et socialement (ça rĂąle dĂ©jĂ !) que s'il est Ă©quitablement rĂ©parti. En outre, l'investissement public sera crucial pour soutenir les mĂ©nages et les entreprises. Et pour financer la transition, lâĂ©conomiste propose un accroissement des prĂ©lĂšvements obligatoires, notamment sur le patrimoine financier des mĂ©nages les plus aisĂ©s, qui sera probablement nĂ©cessaire. Pas sĂ»r cependant que le gouvernement soit totalement raccord lĂ dessus.
Enfin, le rapport souligne que la transition climatique aura des impacts significatifs sur les systĂšmes humains et naturels. Les efforts pour adapter notre sociĂ©tĂ© et notre Ă©conomie aux changements climatiques seront indispensables. Un peu dĂ©rangeant quand on sait la dĂ©pendance Ă la Chine par exemple dans les Ă©quipements liĂ©s aux Ă©nergies renouvelables âŠ
©France Stratégie
Ce qu'on en retient : La transition vers une économie neutre en carbone est à la fois nécessaire et possible, mais elle nécessite une transformation profonde à tous les niveaux de notre société.
One more thing : le rapport est dense et touffu avec pas mal de rapports de groupes de travail. Mais il est bourré de petits schémas assez clairs qui posent les choses. Un exemple avec la part des différents industries responsables des gaz à effet de serre.
©France Stratégie
Une fois nâest pas coutume, câest un collĂšgue (merci Basile) qui, en me demandant mon avis sur un podcast, mâa donnĂ© lâidĂ©e d'un bref article pour expliquer quelques notions sur l'immobilier d'entreprise Ă ceux qui ont peut-ĂȘtre du mal Ă le situer (oui, Papa, je parle de toi !).
LâĂ©mission âGĂ©ographie Ă la carteâ proposait en effet il y a quelques temps un Ă©pisode intitulĂ© âLa bourse ou la villeâ. LâĂ©mission aborde la "financiarisation de l'urbain", qui dĂ©signe l'influence de l'investissement financier sur la construction et la gestion des villes. En rĂ©sumĂ© (partial je le reconnais), quelques Ă©lĂ©ments saillants :
La polarisation de l'investissement immobilier : La majeure partie des investissements en immobilier non rĂ©sidentiel est concentrĂ©e dans les grandes mĂ©tropoles comme Paris. Ces investissements sont principalement gĂ©rĂ©s par des sociĂ©tĂ©s de gestion d'actifs immobiliers et des fonds d'investissement qui cherchent Ă gĂ©nĂ©rer des rendements pour leurs investisseurs. C'est assez logique quand on y rĂ©flĂ©chit : les utilisateurs ET DONC (ce lien de cause Ă effet nâest pas dĂ©taillĂ© dans le podcast) les investisseurs veulent les transports, les commerces, etc, ce quâon retrouve surtout ⊠en centre ville mĂ©tropolitain.
Lâimpact de la financiarisation sur l'urbanisme : les intervenants dĂ©fendent que les villes financiarisĂ©es sont conçues pour maximiser les retours sur investissement, ce qui peut ne pas correspondre aux besoins des rĂ©sidents. Cette concentration d'investissements dans les grandes villes peut limiter les opportunitĂ©s pour les villes plus petites ou moins densĂ©ment peuplĂ©es. Je ne suis pas en phase avec cette partie, jây reviens. Une histoire dâĆuf et de poule.
Le rĂŽle des acteurs publics : MalgrĂ© l'importance des investisseurs privĂ©s, les acteurs publics jouent Ă©galement un rĂŽle important. Ils doivent Ă©quilibrer la nĂ©cessitĂ© de rendre la ville attractive pour les investisseurs et de garantir l'accĂšs Ă la ville pour tous. Petit soucis en ce moment : les caisses sont plutĂŽt vides et avec le manque Ă gagner des droits de mutations, câest mal barrĂ©.
ConcrĂštement, comme tout investisseur (en immobilier comme ailleurs), ceux qui achĂštent des produits immobiliers Ă©valuent le risque et paient en fonction. Certaines de ces entreprises ont besoin de placer avec un haut niveau de garantie leur argent et PARCE QUE ces villes sont attrayantes, elles attirent des utilisateurs et donc, garantissent que ces immeubles dĂ©livreront un loyer. A mon sens, pas lâinverse (la poule, lâĆuf, vous lâavez ?). Par ailleurs, on peut noter quâen ce dĂ©but dâannĂ©e assez noir, les mĂ©tropoles rĂ©gionales, peut ĂȘtre moins touchĂ©es que Paris par des soucis dâaccĂšs, de propretĂ©, ou autres, rĂ©sistent mieux que la capitale.
Ce quâon en retient : Nâest pas Haussmann qui veut (et il est pertinent et intĂ©ressant de sây rĂ©fĂ©rer) mais la base dâune ville, avant dây faire venir qui que ce soit, avant dây attirer des investisseurs (comme le cas dâĂ©cole de GĂ©rard Collomb y est narrĂ©), nâest tâil pas dâĂȘtre attrayante en soit ? De lĂ , peuvent sâimaginer dâautres financements, dâautres montages, peut ĂȘtre, effectivement, avec des enjeux plus humains.
©La ville de Villeurbanne
Dans un effort pour s'adapter au changement climatique et pour rĂ©duire l'empreinte Ă©cologique, des villes comme Bordeaux, Paris et Lyon accueillent des Ă©vĂ©nements et des projets pour transformer leurs espaces urbains de façon Ă©cologique. Les Ă©coles et les enfants sont au cĆur de cette transformation. Des rues piĂ©tonnes devant les Ă©coles et des cours de rĂ©crĂ©ation vĂ©gĂ©talisĂ©es sont mises en place. L'objectif est de rendre la ville plus adaptĂ©e et sĂ©curisĂ©e pour les enfants tout en favorisant l'Ă©cologie.
En 1926, George avait lâautorisation de parcourir jusquâĂ 9,6 kilomĂštres seul. En 2007, cette distance Ă©tait passĂ©e sous les 300 mĂštres pour son arriĂšre-petit-fils Edward
Un autre aspect crucial est de rĂ©duire trĂšs clairement la circulation automobile pour limiter le changement climatique et rendre l'espace urbain plus sĂ»r pour les piĂ©tons. Ă Lyon, les efforts pour remplacer la voiture comprennent des projets de mobilitĂ© douce, comme le tunnel pour vĂ©los sous la colline de la Croix-Rousse, qui a vu le nombre de vĂ©los passer de 2 700 en 2017 Ă 5 400 par jour en 2022. A Montpellier, ce sont directement les travaux de Francesco Tonucci, inventeur du concept, qui inspirent la ville pour ses amĂ©nagements ou ses dispositifs âkids friendlyâ.
Pour autant, le partage de l'espace reste un dĂ©fi, en particulier dans les villes denses. Qui n'a jamais dĂ» slalomer avec sa poussette au milieu des scooters ? (en parlant de trottoirs âŠune vidĂ©o courte passionnante !). Certaines propositions incluent l'adoption du concept nĂ©erlandais de "cour urbaine", oĂč vĂ©los et voitures peuvent passer, mais Ă un rythme rĂ©duit, crĂ©ant un espace urbain plus vivant et inclusif.
Dernier aspect et pas des moindres (on y revient aprĂšs les premiers articles) : le recours aux transports en commun pour rendre plus autonomes les enfants et notamment via les bus.
Ce quâon en retient : derriĂšre un concept qui peut sembler tirĂ© du bingo habituel des formules toutes faites, il y a une vraie problĂ©matique : comment sĂ©curiser le piĂ©ton et rendre la dĂ©ambulation agrĂ©able ? Les enfants sont le rĂ©actif limitant. DĂšs lors, il convient de concevoir lâespace public non pas comme un lieu de transition mais vraiment comme un lieu de vie et câest encore trop rarement le cas.
© Radio France - Rafaela Biry-Vicente
Câest indinquĂ© dans le titre de cette newsletter : il faut sâattendre Ă quelques liens entre le numĂ©rique (et mĂȘme les jeux vidĂ©o) et les articles. Quand cela mĂȘle architecture, sacrĂ©, et sortie dâun des jeux les plus attendus des 5 derniĂšres annĂ©es, ça donne un cocktail diabolique !
La chapelle des JĂ©suites Ă Cambrai a accueilli les dĂ©cors de la bande-annonce du jeu vidĂ©o Diablo IV. Les toiles rĂ©alisĂ©es par le peintre amĂ©ricain Adam Miller (dont je vous laisse juge du style) reprĂ©sentant les personnages du jeu ont Ă©tĂ© exposĂ©es sur les plafonds et dans le chĆur de la chapelle pendant un mois et ce, aprĂšs avoir servi de dĂ©cors Ă une bande annonce. L'exposition Ă©tait ouverte au public, et proposait une scĂ©nographie immersive pour plonger les visiteurs dans l'univers du jeu.
Le choix de la chapelle de Cambrai parmi une centaine de lieux dans le monde avait suscitĂ© un grand intĂ©rĂȘt. Mais l'exposition a Ă©galement suscitĂ© des controverses. L'association Cambrai Patrimoine a manifestĂ© contre l'Ă©vĂ©nement, considĂ©rant qu'il Ă©tait offensant pour la religion catholique. Certains estimant que l'univers du jeu vidĂ©o n'a pas sa place dans une Ă©glise, bien que la chapelle ait Ă©tĂ© dĂ©sacralisĂ©e depuis longtemps et soit utilisĂ©e pour des Ă©vĂ©nements culturels.
Pourquoi vous en parlez me direz vous ? 2 raisons Ă cela.
Dâabord parce que la France est remplie de lieux vides, qui ne servent plus ou presque, et ce nâest pas pour rien que la fondation du patrimoine existe, prĂ©cisĂ©ment pour sauver ce patrimoine. Dans le cas de Cambrai, on peut lĂ©gitimement imaginer que Blizzard nâa pas louĂ© pro bono la chapelle et câest donc une opĂ©ration win-win qui profite Ă tout le monde ⊠y compris Ă mon humble avis aux dĂ©fenseur du patrimoine religieux qui devraient faire en sorte quâun maximum de gens entrent dans ces lieux plutĂŽt que de les refermer sur eux.
Ensuite, parce que, mine de rien, cette architecture religieuse ancestrale peut accueillir des usages diffĂ©rents, grĂące Ă ses volumes exceptionnels. Par exemple (attention, le voilĂ lâinstant auto promo !) une agence locale de Kaufman & Broad. Ou mĂȘme en appartements comme le projet de lâagence HOYT Architecten Ă Rotterdam.
©Stéphane Chalmeau
Ce quâon en retient : l'architecture religieuse vaut la peine d'ĂȘtre dĂ©couverte, notamment dans les 2 ouvrages de Jean Marie Duthilleul. Ensuite, que les jeux vidĂ©o englobent de nombreux aspects et professions, y compris l'art graphique, clairement un art Ă part entiĂšre, logiquement rattachĂ© au ministĂšre de la culture ⊠comme lâarchitecture đ
Si cela vous a intĂ©ressĂ© : đđ» sur LinkedIn avec un commentaire. Cela permet de faire dĂ©couvrir cette newsletter et dâen parler avec vous !
Si cela ne vous a pas intĂ©ressĂ© plus que cela, moi ça mâintĂ©resse : quel contenu aimeriez vous voir plus sur LinkedIn ? Comment pourrait on rendre ce rĂ©seau plus interactif ?