🎢 Chaleur et sueurs froides / n°12

Depuis linkedin jusqu'au parc Asterix, Depuis Paris jusqu'à San Fransisco, Il a fait chaud dans les autos et les bureaux !

OFFMARKET
7 min ⋅ 07/09/2023

1. Par Toutatis !

Comme nous verrons plus bas, c'était un peu la foire à n'importe quoi sur Linkedin pendant les vacances. Pour ne pas être en reste, n’allons pas trop loin : focus sur Toutatis au Parc Astérix (sur ma propre enquête home made, 100% des interrogés passent la majorité de leurs vacances gratis chez les grands parents. Bon bah pas nous 😂).

C’est d’abord une attraction qu'il faut vraiment avoir faite une fois dans sa vie. Elle a ouvert début 2023 et les chiffres donnent le tournis à eux seuls : 110 km/h, pente à 101°, 23 air times où vous ne touchez pas le siège, 36 M€ d’investissements. Mais surtout, en écoutant le podcast « La file d'attente », on découvre que la construction d'une attraction de parc est tout aussi passionnante, longue et semée d’embûches qu'un projet immobilier.

C'est d'abord la décision prise par la Compagnie des Alpes qui gère le parc de construire une nouvelle attraction pour renforcer l'attractivité du site, de choisir l’emplacement du site, et le type d’attraction (un LSM Launch Coaster).

C'est ensuite le design de l'attraction avec de multiples “easter eggs” disséminés à l'intérieur de la file d'attente ou bien du manège en tant que tel. La scénarisation est incroyable. Et on comprend que le tout n’est pas de faire venir les visiteurs mais de leur faire vivre un moment incroyable de A à Z. C'est enfin la réalisation du roller coaster avec toute la complexité technique, financière et artistique que cela comporte. Quid des gaines, des renforts de structures, des phases travaux. C'est une chose d'imaginer par exemple une file d'attente enfouie sous un tertre gaulois,  c'en est une autre que de réaliser un bâtiment couvert par la végétation, dans un site naturel boisé, en contrôlant toutes les vues qui donnent sur cette attraction.

crédit : Kaeru Parc Designcrédit : Kaeru Parc Design

J'ai découvert qu'il y a de véritables passionnés de ces projets de leur genèse jusqu'à leur exploitation. Je ne parle même pas de ceux qui font le tour du monde et affiche plus de 3000 roller coaster déjà emprunté.

Ce qu’on en retient : c’est très intéressant de voir comment le Parc Asterix se démarque sur un secteur que l’on pourrait imaginer comme “répétitif”. Ce storytelling force le respect. J’y ai vu évidemment, comme tout projet de construction des similitudes avec nos projets immobiliers. De là à proposer à ma direction d’y faire un séminaire …


2. Sous les arbres, le salut

Il est vrai que je fais sans doute une fixette sur le sujet mais il a fait chaud en ville cet été. Même très chaud. Trop chaud ! Vigilance orange même à Lyon. Et les villes sont évidemment en première ligne.

Les îlots de chaleur urbains (ICU) sont un problème croissant dans nos villes, entraînant des conséquences graves pour la santé publique. Plusieurs facteurs à cette fournaise : la hauteur et la densité des bâtiments urbains créent un "effet canyon". Ça bloque le vent et ça reflète les rayons du soleil. Les matériaux de construction tels que la pierre, la brique et le béton qui emmagasinent la chaleur pendant la journée et la libèrent la nuit, aggravant le problème. Le manque de végétation dans les zones urbaines prive aussi les villes de régulateurs thermiques naturels. Sans parler des activités humaines, y compris le chauffage, la climatisation et la circulation routière…

L'Institut Paris Région a réalisé une cartographie détaillée des ICU en Île-de-France, en se basant sur des données géographiques et des indicateurs de vulnérabilité de la population. Les quartiers avec une population plus âgée, moins d'accès aux soins et des revenus plus bas sont plus exposés aux ICU. Les milieux urbains denses sont évidemment plus impactés. On peut se rassurer en regardant la carte de l’Ile de France et en remarquant qu’on arrive très rapidement dans des zones en périphéries moins “vulnérables”. Il n’empêche, il est vital de trouver des solutions.

crédit : Institut Paris Régioncrédit : Institut Paris Région

un tilleul de 9 mètres de haut et 6 mètres de diamètre évapore plus de 2,6 m3/heure d’eau lors d’un premier jour de canicule

Plusieurs solutions sont envisageables pour réduire les ICU. L'intégration de la nature en ville, comme la dé imperméabilisation des surfaces, la plantation d'arbres et la végétalisation des sols, peut contribuer à refroidir les zones urbaines. Les choix de matériaux de construction, comme les revêtements clairs et les toits blancs, peuvent également aider à réfléchir la chaleur. L’ADEME avait publié il y a déjà plusieurs années un guide très clair sur les solutions à mettre en place, en évaluant leur impact en termes de baisse de température. Hugo Clément a, dans sa dernière newsletter Kessel et dans le dernier magasine “Sur le Front”, pointé le réel problème des arbres en ville, qui sont trop souvent mal plantés et au pire, déracinés, sans solution alternative. Saluons au passage, la démarche de la ville de Grenoble qui offre des arbres aux habitants pour densifier au maximum la couverture végétale.

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Par François CHARTIER

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