crédit : La voie est libre
1. Un arbre meurt toujours trop tĂŽt âŠ
Il aurait Ă©tĂ© compliquĂ© de ne pas passer Ă cĂŽtĂ© en cette rentrĂ©e. Non, je ne vais pas commencer avec un nouvel article sur la crise du logement, de lâimmobilier, de la construction et de âon va tous y passerâ. Mais Ă©voquer lâA69 contre laquelle se battent de nombreux militantes et militants, allant jusquâĂ mettre leur santĂ© en danger.
Conçue pour relier Toulouse Ă Castres, elle est au cĆur d'une controverse environnementale et Ă©conomique. L'autoroute privĂ©e, d'une longueur de 53 kilomĂštres et d'un coĂ»t de 450 millions d'euros, est prĂ©vue pour une concession de cinquante-cinq ans, avec 23 millions d'euros de financement public. ControversĂ©e donc car, lâimpact sur la crĂ©ation dâemploi ou le rĂ©el gain de temps (sans parler du ratio âgain de temps / euro dĂ©pensĂ© en contrepartie sur le tronçon) sont peu probants.
Pour protester contre ce quâils considĂšrent (et cela sâentend ⊠) comme un anachronisme climatique, Thomas Brail, membre du Groupe National de Surveillance des Arbres sâest engagĂ© dans une grĂšve de la faim mĂ©diatisĂ©e, puis une grĂšve de la soif. A lâheure dâĂ©crire ces lignes, les travaux sont suspendus temporairement. En parallĂšle, un projet alternatif a Ă©tĂ© prĂ©sentĂ© Ă lâAssemblĂ©e nationale faisant la part belle aux mobilitĂ©s douces et surtout, Ă une vĂ©gĂ©talisation renforcĂ©e. LĂ oĂč le bĂąt blesse, câest sur le financement qui, contrairement Ă une autoroute avec concession, devra ĂȘtre portĂ©e par lâargent public... Les comptes nây sont pas Kevin ! 6 grands Prix de lâurbanisme et 18 laurĂ©ats du palmarĂšs des jeunes urbanistes (et tant dâautres) ont Ă©galement appelĂ© Ă revoir la copie.
Ce quâon en retient : Ă une Ă©poque oĂč lâon appelle Ă densifier la ville et Ă repeupler les territoires, la question des infrastructures est Ă©pineuse. Certes, si lâon devait stopper tout projet contre lequel existe un recours, il nây aurait plus aucune construction. Nulle part. Plus jamais. Mais tout de mĂȘme. Dâune part, comment concilier la longueur administrative de ces projets dâampleur et une Ă©poque oĂč tout bouge trĂšs vite (surtout la prise de conscience) ? Dâautre part, lĂ oĂč la densification ou la reconstruction de la ville sur la ville peut faire sens, lâĂ©talement urbain et le dĂ©senclavement des villes moyennes restent vĂ©ritablement complexe.
crĂ©dit : CBRE - OĂč comment comprendre en un graphe pourquoi c'est la M****
2. Le bureau, persona non grata
CBRE a prĂ©sentĂ© son Ă©tude de marchĂ© des bureaux en rĂ©gion au mois de septembre 2023. Le moins que l'on puisse dire ce n'est que ce n'est pas jojo ... Tout d'abord la demande placĂ©e s'effondre. Au cours du premier semestre 2023, la demande d'espaces de bureau dans les rĂ©gions de la France a atteint 715 000 mĂštres carrĂ©s, enregistrant une baisse de 18 % par rapport au premier semestre 2022. Ăvidemment, en fonction des diffĂ©rentes mĂ©tropoles les chiffres ne sont pas similaires mais on assiste Ă une vraie diminution des prises Ă bail ou bien des volumes dâinvestissement bureaux.
Les opérations sont en moyenne plus petites, moins nombreuses, et se concentrent en centre ville. Les principales transactions du troisiÚme trimestre 2023 concernent les secteurs des grandes entreprises, de l'enseignement et du secteur public. La demande est également soutenue dans les secteurs de la technologie et des services financiers.
Ensuite c'est bien Ă©videmment la baisse des valeurs qui se traduit en immobilier par une hausse des taux de rendement (on le rappelle, taux de rendement = loyer / valeur vĂ©nale. Si le prix baisse, le taux augmente). Dâun taux prime Ă 3,4%, on passe les 5%. 160 points de base dans la face comme ne dirait pas mon jeune alternant qui a intĂ©rĂȘt Ă lire cette newsletter. ConcrĂštement avec la hausse ultra rapide des taux de lâOAT Ă 10 ans (obligations dâĂ©tat âgarantiesâ), la prime de risque qui incitait les investisseurs Ă prendre des positions plus ou moins risquĂ©es a fondu comme neige au soleil.
En dâautres termes, avant, il y avait une âprimeâ Ă investir dans lâimmobilier. Plus risquĂ© quâune obligation, donc plus rentable. Aujourdâhui, lâĂ©cart est si faible que les investisseurs sont en droits dâarbitrer en faveur des obligations. En tout cas, pour les bureaux, dont certains parlent comme dâun gros mot, câest ce quâil se passe.
60% du patrimoine des investisseurs se compose de bureaux, dâici une dizaine dâannĂ©es, cette part pourrait osciller entre 30 et 40 %
Christian de Kerangal, IEIF Ă lâADI
Ce quâon retient : cela fait dĂ©jĂ plusieurs mois que la crise touche le financement des investisseurs immobiliers. Dâabord par une crise de confiance ayant fait exploser les taux, puis par une crise bancaire avec lâĂ©volution des taux quâon connait et dĂ©sormais, par un dĂ©sĂ©quilibre entre rendements obligataires et immobiliers. Pour autant, mĂȘme si les collectes ont diminuĂ© cette annĂ©e, lâargent semble rester prĂ©sent et il y a fort Ă parier quâil va y avoir des bascules sur dâautres produits, ou dâautres objectifs. Gageons quâils soient plus impactants ou plus en phase avec les attentes des utilisateurs car âŠ
crédit : Miss Lilou
3. Le charme discret des courses de chaises au bureau
âŠles Français sont les champions de la prĂ©sence au bureau !
Dans un contexte oĂč les entreprises seraient tentĂ©es de limiter leurs charges, et donc, leur âempreinte immobiliĂšreâ, il est original de noter, comme lâa fait lâAssociation des Directeurs Immobiliers, que nous sommes, en France, amoureux de nos bureaux. En moyenne, nous passons 3,5j au bureau par semaine selon lâĂ©tude JLL âLe retour gagnant au bureauâ. Champions europĂ©ens (de vous Ă moi, ça mâarrange vu mon boulot mais me surprend quand mĂȘme). A titre de comparaison, on considĂšre que 75% des travailleurs sont revenus Ă leur bureau VS 50% aux USA (oĂč on le rappelle, câest quand mĂȘme la grosse panade niveau taux dâoccupation des bureaux).
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